Les aveugles, Baudelaire

 

Les aveugles, Baudelaire

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Les aveugles est un poème de Baudelaire issu des Fleurs du Mal.
Il figure dans la section des « Tableaux parisiens ».

Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,
Comme s’ils regardaient au loin, restent levés
Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu’autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Eprise du plaisir jusqu’à l’atrocité,
Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu’eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

Baudelaire, Les Fleurs du Mal.

Pour aller plus loin :

Les aveugles, Baudelaire : commentaire composé
Les aveugles, Baudelaire : 5 problématiques possibles

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