bac de français 2013 polynésie Voici les sujets donnés au bac de français 2013 en Polynésie pour les séries S, ES, L et technologiques.

Sujet du bac de français 2013 Polynésie
Séries S et ES

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Le sujet portait sur l’objet d’étude argumentation.

Le corpus était constitué de quatre textes :

Texte A : Michel de Montaigne, De l’expérience in Essais III, XIII, 1588.
Texte B : Jean-Jacques Rousseau, Cinquième Promenade in Les Rêveries du Promeneur solitaire, 1778.
Texte C : Alain, « La danse des poignards » in Propos sur le bonheur, 1928.
Texte D : Albert Camus, « Noces à Tipasa » in Noces, 1939.

Question sur corpus (4 points) :

Quelles sont les différentes visions du bonheur que proposent ces textes ?

Sujet principal (16 points) :

Commentaire littéraire

Vous commenterez le texte de Camus (texte D) :

Texte D : Albert Camus, Noces à Tipasa (Noces).

[Le narrateur se promène au milieu du site antique de Tipasa.]

 Que d’heures passées à écraser les absinthes1, à caresser les ruines, à tenter d’accorder ma respiration aux soupirs tumultueux du monde ! Enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d’insectes somnolents, j’ouvre les yeux et mon cœur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde. Mais à regarder l’échine solide du Chenoua2, mon cœur se calmait d’une étrange certitude. J’apprenais à respirer, je m’intégrais et je m’accomplissais. Je gravissais l’un après l’autre des coteaux dont chacun me réservait une récompense, comme ce temple dont les colonnes mesurent la course du soleil et d’où l’on voit le village entier, ses murs blancs et roses et ses vérandas vertes. Comme aussi cette basilique sur la colline Est : elle a gardé ses murs et dans un grand rayon autour d’elle s’alignent des sarcophages exhumés, pour la plupart à peine issus de la terre dont ils participent encore. Ils ont contenu des morts; pour le moment il y pousse des sauges et des ravenelles. La basilique Sainte-Salsa est chrétienne, mais à chaque fois qu’on regarde par une ouverture, c’est la mélodie du monde qui parvient jusqu’à nous: coteaux plantés de pins et de cyprès, ou bien la mer qui roule ses chiens blancs à une vingtaine de mètres. La colline qui supporte Sainte-Salsa est plate à son sommet et le vent souffle plus largement à travers les portiques. Sous le soleil du matin, un grand bonheur se balance dans l’espace..

1. Plante odorante.
2. Massif montagneux au nord de l’Algérie.

Dissertation

Une réflexion fondée sur l’expérience personnelle de l’auteur vous semble-t-elle efficace pour traiter des grandes questions humaines ?

Écriture d’invention

Vous avez vécu un moment de bonheur privilégié au contact d’un lieu. Racontez cette expérience en mêlant la description de cet espace, les sensations qu’il suscite, et une réflexion sur la condition humaine.

Sujet du bac de français 2013 Polynésie
Série L

Le sujet portait sur l’objet d’étude « Les Réécritures »

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Le corpus était constitué de quatre textes :

Texte A : Charles Perrault, « La Belle au bois dormant », Contes, 1696.
Texte B : Catulle Mendès, « La Belle au bois rêvant », Les Oiseaux bleus, 1888.
Texte C : Paul Valéry, « La Belle au bois dormant », La Conque, 1891.
Texte D : Paul Valéry, « Au bois dormant », Album de vers anciens, 1920.

Question sur corpus (4 points) :

Quelles constantes et quelles variantes repérez-vous dans ces différentes versions ?

Travail d’écriture (16 points) :

Commentaire littéraire

Vous commenterez le premier texte de Valéry (texte C) :

TEXTE C : Paul Valéry, « La Belle au bois dormant », La Conque, 1891.

    LA BELLE AU BOIS DORMANT

La Princesse, dans un palais de roses pures
Sous les murmures et les feuilles, toujours dort.
Elle dit en rêvant des paroles obscures
Et les oiseaux perdus mordent ses bagues d’or.

Elle n’écoute ni les gouttes dans leurs chutes
Tinter, au fond des fleurs lointaines, lentement
Ni s’enfuir la douceur pastorale1 des flûtes
Dont la rumeur antique emplit le bois dormant.

… O belle ! suis en paix ta nonchalante idylle
Elle est si tendre l’ombre à ton sommeil tranquille
Qui baigne de parfums tes yeux ensevelis :

Et, songe, bienheureuse, en tes paupières closes
Princesse pâle dont les rêves sont jolis
A l’éternel dormir sous les gestes des Roses !

1- Douceur pastorale: qui évoque la campagne et les plaisirs champêtres des bergers.

Dissertation

Pensez-vous que la réécriture porte atteinte à l’œuvre dont on s’inspire ?
Vous répondrez à cette question de manière organisée, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur les œuvres étudiées en classe, ainsi que sur vos lectures personnelles.

Écriture d’invention

Le Prince de « La Belle au bois rêvant» (texte B), déçu, s’efforce de détourner la Belle de son projet de rester endormie. Rédigez son discours.

Sujet du bac de français 2013 Polynésie
Séries technologiques

Le sujet portait sur l’objet d’étude roman

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Le corpus était constitué de trois textes :

♦ Texte A : Victor HUGO, Quatrevingt-treize, troisième partie, IV,  » Le Verbe et le rugissement », 1874.
Texte B : Emile ZOLA, Germinal, quatrième partie, chapitre 7, 1885.
Texte C : Emmanuel DONGALA, Photo de groupe au bord du fleuve, 2010.

Questions sur corpus (6 points) :

1. Mettez en évidence la situation commune des personnages. (2 points)
2. A quoi tient l’efficacité de ces discours? (4 points)

Travail d’écriture (14 points) :

Commentaire littéraire

Vous ferez le commentaire du texte de Dongala (texte C) en vous appuyant sur le parcours de lecture suivant :
– Montrez comment le romancier exprime l’émotion et l’indignation croissantes des personnages.
– Etudiez l’argumentation développée pour la cause des femmes.

Texte C : Emmanuel DONGALA, Photo de groupe au bord du fleuve, 2010.

[Méréana vit en Afrique à l’époque actuelle. Abandonnée par son mari Tito, elle élève seule ses deux garçons et le bébé de sa sœur, décédée du sida. Elle travaille avec un groupe de femmes dans une carrière à concasser des blocs de pierre pour obtenir du gravier. Le président du pays, afin d’augmenter son prestige international, vient de décider la construction d’un aéroport. Ce projet nécessite des quantités importantes de gravier. Le prix du sac augmente mais tout le profit ira aux intermédiaires. Un groupe de femmes se réunit pour débattre. Méréana prend la parole.]

 Là, tu1 es prise de court. Tu pensais qu’une idée allait émerger de la discussion, or elles te demandent d’en avancer une toi-même. Tu ne sais que dire. Tu n’as pas préparé de discours à lire. Tu bafouilles un instant puis une idée surgit soudainement dans ton esprit, une marche sur le commissariat de police. Sont-ce les séquelles des pensées que tu as ruminées après le coup de fil provocateur de Tito ? Alors les mots te viennent clairement et facilement, pas de la tête mais du cœur.
« Chers sœurs et camarades, nous sommes des femmes qui essayons de gagner notre vie en cassant et en vendant la pierre. Il y a parmi nous des femmes qui sont allées à l’école et des femmes qui ne savent pas lire, il y a des jeunes et des plus âgées, il y a des femmes mariées et des célibataires, des veuves et des divorcées. Nous n’attendons pas que l’Etat nous donne un salaire. Non, nous sommes des femmes actives et tout ce que nous voulons, c’est qu’on nous achète notre marchandise à son juste prix. »
Les applaudissements de la foule te donnent plus d’assurance encore. Tu veux parler à toutes ces femmes qui vous accompagnent, qu’elles soient du chantier ou pas, mais aussi aux mouchardes et aux mouchards présents. Tu continues en faisant l’historique des deux jours passés pour ceux qui ne sont pas encore au courant, tu parles du nouvel aéroport, de la flambée du prix de la caillasse, de votre refus de vendre, de la violente répression. Et tu continues :
« L’union fait la force. C’est parce que nous étions des dizaines devant la prison du commissariat qu’ils ont relâché nos camarades Moukiétou, Moyalo et Ossolo. Je vous le dis, mes sœurs, ce n’est que de la même façon que nous récupérerons les sacs qu’ils2 ont volés. Ces hommes qui ont volé nos cailloux pensent que parce que nous sommes femmes nous allons nous taire comme d’habitude. Quand ils nous battent au foyer, nous ne disons rien, quand ils nous chassent et prennent tous nos biens à la mort de nos maris, nous ne disons rien, quand ils nous paient moins bien qu’eux-mêmes, nous ne disons rien, quand ils nous violent et qu’en réponse à nos plaintes ils disent que nous l’avons bien cherché, nous ne disons toujours rien et aujourd’hui ils pensent qu’en prenant de force nos cailloux, encore une fois nous ne dirons rien. Eh bien non ! Cette fois-ci ils se trompent ! Trop, c’est trop ! »
Toujours debout sur ta chaise, tu continues à haranguer3. Tu ne savais pas que les mots pouvaient avoir ce pouvoir enivrant. Plus tu parles, plus tu es exaltée, plus tu te sens sortir de toi-même, tu n’es plus toi. Tu n’es plus Méréana. Tu es une des pasionarias4 de l’histoire ! Tu es cette Noire arnéricaine5 dont tu ne te rappelles plus du tout le nom mais dont le leitmotiv6 d’un célèbre discours à une convention de femmes te remonte spontanément à la mémoire : « Ne suis-je pas une femme ? »
– Ne sommes-nous donc femmes que pour souffrir ? tu lances, en un cri venu du plus profond de ton cœur. Non, non et non ! Nous irons camper devant le commissariat avec nos nattes et nos enfants, et nous ne partirons pas de là tant qu’ils n’auront pas rendu nos sacs ou tant qu’ils ne nous les auront pas achetés.
– A vingt mille francs, crie une femme.
– Oui, à vingt mille francs ou au nouveau prix que nous allons négocier mais en tout cas pas à dix mille francs comme avant. Sinon, qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve, nous resterons devant ce commissariat avec nos nattes et nos enfants.
– Et nos maris aussi, lance une autre femme, il faut bien qu’ils servent à quelque chose !
– Rires et applaudissements. De la foule des badauds, une voix crie :
– Je sais que nous n’avons pas la parole ici, mais nous, les femmes qui souffrons au marché, nous allons nous joindre à vous, nous allons marcher et camper avec vous.

Dissertation

Pourquoi les personnages de roman doivent-ils avoir la parole ?
Vous répondrez à cette question en un développement argumenté en mobilisant les textes du corpus ainsi que ceux que vous avez lus et étudiés.

Écriture d’invention

A la suite du discours de Lantier, un débat s’instaure entre les mineurs : certains émettent des doutes, certains soutiennent la grève, d’autres non. Rédigez le dialogue de roman en tenant compte des informations délivrées dans le texte de Zola.

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  9 commentaires à “Bac de français 2013 : les sujets en Polynésie (S, ES, L et séries techno)”

  1.  

    Bonjour Amélie, tout d’abord bravo pour l’énorme travail que tu fais pour nous ! Je souhaiterais savoir si tu pourrais mettre en ligne une méthode sur la question sur corpus car j’ai vraiment du mal malgré que j’ai eu 4/4 au bac blanc, j’ai toujours une grosse appréhension devant ma copie. Je souhaiterais également savoir si tu pourrais mettre en ligne une méthode pour « trouver » des bonnes axes de lectures car c’est ce qui prend le plus de temps selon moi 😕

  2.  

    Bonjour Amélie, je suis d’attaque pour le bac, et je viens de tombé sur cet article-là dévoilant les sujets, mais est ce que ces sujets-là sont les mêmes en France ?

  3.  

    Bonjour, je voulais vous demandez si c’était normale que pour le commentaire je compte seulement 11 syllabe au vers 2 et 13 ? Je me suis peut-être trompé mais je veux être sûr, et ne pas faire d’erreur demain 😐

  4.  

    Bonjour,
    Tout d’abord je vous remercie pour ce site qui est juste génial ! Il me sert beaucoup !
    Cependant, auriez-vous la correction du sujet de bac de Polynésie française de Juin 2013 (série S-ES) ?

  5.  

    Bonjour, j’aurais voulu acceder au corrigé du corpus pour savoir ou je me suis trompé.

  6.  

    Bonjour Amélie avez-vous le corrigé du bac de français 2013 Polynésie Série ES/S ?

    J’e l’ai fais pour m’entraîner mais j’aimerai voir si ce que j’ai fais est bon.

    Cordialement

  7.  

    Bonjour à vous ,

    Je voulais savoir est ce que vous auriez le corrigé svp

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