Fév 072014
 
voyage au but de la nuit résumé

La nuit étoilée, Van Gogh

Voici un résumé du roman Voyage au bout de la nuit (1932) de Ferdinand Céline.

Le roman n’est pas séparé en chapitres. On distingue cependant quatre parties selon la localisation du personnage principal, Bardamu.

Partie 1 : la guerre

Bardamu s’engage dans l’armée (1914)

En France, en 1914, Ferdinand Bardamu est étudiant en médecine. Il décide de s’engager dans l’armée, parce qu’un régiment passe devant la terrasse du café où il est attablé avec un ami.

Mais sur le front, c’est la désillusion : son colonel est odieux, ce qui permet à Céline d’introduire l’argot dans le roman.

Toute la poétique du roman est basée sur ce choc du langage : faire entrer une langue vulgaire dans la littérature. Ce choix a choqué les lecteurs de l’époque, et a beaucoup divisé la critique : pour certains, il s’agit d’un coup de génie, car la langue « classique » ne peut plus traduire des horreurs aussi terribles que la Grande Guerre. D’autres ont considéré comme trop vulgaire cette intrusion du langage parlé dans la langue noble qu’est la littérature, et ont vu ça comme une décadence.

Rencontre avec Léon Robinson

Au front, Bardamu réalise surtout qu’il ne veut pas mourir, et qu’il préfère largement fuir pour rester vivant.

On l’envoie en reconnaissance, et il rencontre Léon Robinson, un déserteur qui veut se constituer prisonnier, pour ne plus avoir à se battre. Bardamu décide de le suivre, mais ils n’y arrivent pas, et se séparent.

Bardamu réussit à se faire blesser, et se fait renvoyer à Paris.

Internement à l’hôpital psychiatrique

C’est là qu’il rencontre Lola, une Américaine venue en France pour rendre service aux soldats de la Grande Guerre. Il commence une relation avec elle, qui sera de courte durée : alors qu’ils se promènent ensemble, Bardamu a des hallucinations : il voit des soldats ennemis partout.

Il est interné dans un hôpital psychiatrique. Là-bas, il se lie avec une violoniste, qui préfèrera sortir avec des Argentins.

Partie 2 : l’Afrique

Le voyage

Grâce à ses problèmes psychiatriques, Bardamu réussit à se faire réformer pour de bon.

Il embarque pour l’Afrique à bord du bâteau l’ « Amiral Bragueton ».

Mais comme il a payé son voyage, les autres passagers (qui sont fonctionnaires ou militaires) se méfient de lui. S’il a dû payer son voyage, c’est qu’il était près à tout pour quitter l’Europe : c’est probablement un déserteur, ou un criminel.

Bardamu se rend compte de cette haine qui monte contre lui, au fur et à mesure que le voyage vers l’Afrique avance : il commence par ne plus sortir de sa cabine.

Une nuit, il y est pourtant obligé, et manque de se faire assassiner par l’équipage. Il s’en tire avec un discours patriotique sur la grandeur de la France. Il s’échappe pendant la nuit du bateau, et arrive sur les côtes africaines.

C’est cette deuxième partie qui introduit le thème de l’errance.

Avant, Bardamu ne savait pas où il allait, mais il était guidé par l’autorité militaire. A partir de son débarquement en Afrique, c’est lui qui choisit de voyager.

Tout au long du roman, il ne fera que se trimballer d’un endroit à un autre, sans but. C’est une réécriture du roman picaresque : Bardamu ne tient pas en place, il va sans cesse d’un endroit à l’autre, et les péripéties s’enchainent sans répit.

Céline ajoute un côté noir à ce parcours : les péripéties ne mènent plus à un but. Bardamu bouge parce qu’il se sent menacé par le monde qui l’entoure dès qu’il reste en place un peu trop longtemps. C’est une maladie paranoïaque qui le fait bouger, pas le désir d’arriver à un but.

Aventures en Afrique

Bardamu a donc débarqué précipitamment à Bombola-Fort-Gono. Il y trouve un emploi par une compagnie coloniale qui l’envoie tenir un comptoir plus à l’intérieur des terres.

Pour s’y rendre, il passe par Topo, où il tombe sur une compagnie militaire : le lieutenant Grappa, qui passe le plus clair de son temps à donner des coups de trique (matraque), et le sergent Alcide qui tient un commerce de tabac.

Bardamu finit par remonter le fleuve à la recherche du comptoir, qui n’est finalement qu’une vieille case en ruines. Il voit son prédécesseur s’enfuir après avoir tout volé, et laissé le comptoir délabré.

Plus tard, Bardamu le reconnaitra : il s’agit de Robinson, le déserteur avec qui il s’était ligué au front. S’il ne le reconnaît pas tout de suite, c’est parce que Bardamu a attrapé la malaria pendant son voyage sur le fleuve.

Dévoré par les fièvres, il est vendu par les indigènes à un bateau espagnol en route pour New York.

Partie 3 : Les Etats-Unis

Céline profite de la visite de New York pour aborder le thème de la ville.

Il s’agit d’un thème très présent en littérature depuis la Révolution industrielle au XIXe siècle. Dans cette partie, Céline le réinterprète, car il cherche à détruire le rêve américain.

Les Etats Unis étaient considérés comme un espace de rêve où tout était possible : en étant un simple immigrant, et en travaillant dur, on pouvait devenir millionnaire : c’était une idée répandue.

A travers les yeux de Bardamu, Céline montre le New York des années 1915-1920 : sale, grouillant d’ouvriers abrutis par le travail (il développe d’ailleurs une comparaison entre les humains et la vermine), et rongé par la pauvreté.

Bardamu est d’ailleurs embauché au port, parce qu’il a la capacité de compter les puces. Dégouté par New York,

Bardamu continue de fuir : il retrouve Lola, lui soutire de l’argent en faisant une scène, et file vers Detroit.

Là-bas, il travaille dans les usines Ford, ce qui lui permet de critiquer ce système de travail abrutissant. Ford crée en effet le fordisme, méthode de travail à la chaîne où les employés font le même mouvement pendant des journées entière. Ce système a par exemple été parodié par Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes : le personnage principal ne peut plus s’arrêter de faire les mouvements qu’on lui a imposé pendant toute la journée.

Il se lie avec Molly, une prostituée particulière, car elle a une image de sainte : elle aime inconditionnellement son prochain, et est désintéressée de l’argent. Un soir, dans la rue, Bardamu croise Robinson, qui est nettoyeur de nuit.

Voyage au bout de la nuit, partie 4 : La province

Effrayé par la grande ville et le travail forcené, Bardamu repart pour l’Europe, où il décide de continuer ses études de médecine, qu’il avait arrêtées pour partir au front.

Bardamu médecin

Son diplôme obtenu, il emménage en banlieue, à La Garenne-Rancy.

Mais il est trop compatissant, et il n’ose pas réclamer ses honoraires : il est donc très pauvre, et très occupé.

Céline décrit avec un réalisme décomplexé la pauvreté des banlieues rurales, et surtout les états des patients.

Tous sont des déchets humains, dans des états lamentables, tant physiquement (la fille du cinquième étage qui meurt des suites d’un avortement) que psychologiquement (les voisins Henrouille qui proposent de payer Bardamu pour qu’il fasse enfermer leur mère qui les empêche de faire des économies).

Bardamu refuse de faire interner la mère. C’est alors que resurgit Robinson, qui propose d’assassiner la vieille dame. Mais, par maladresse, Robinson se blesse en voulant tuer la vieille, et la famille se retrouve avec la mère sénile et son assassin, devenu aveugle, à sa charge.

Un autre voisin, l’abbé Protiste, trouve le moyen d’envoyer Robinson et la mère en province, à Toulouse, contre une forte somme d’argent.

Bardamu semble être enfin débarrassé de Robinson, mais il attrape un gros rhume à cause de l’air malsain de sa banlieue : il décide quitter Rancy, et la médecine.

Il est engagé comme figurant dans un théâtre, mais il finit, une fois de plus, par partir.

Il rejoint Robinson à Toulouse pour son mariage avec une vendeuse de cierges. Au moment de retourner à Paris, il apprend que la vieille Henrouille s’est tuée en tombant dans un escalier.

Pris d’un délire paranoïaque, il prend à nouveau la fuite.

Travail à l’hôpital psychiatrique

Il rencontre alors Parapine, qui travaille dans l’hôpital psychiatrique du docteur Baryton. Celui-ci lui propose une place dans l’hôpital.

Tout se passe bien jusqu’à ce que Baryton demande à Bardamu de lui apprendre l’anglais. Ses progrès sont si stupéfiants qu’au bout de trois mois, il décide d’abandonner la direction de l’hôpital pour partir à l’aventure.

Bardamu est nommé directeur de l’asile par interim, jusqu’à ce que Robinson réapparaisse.

Il ne veut plus épouser sa vendeuse de cierges, et avoue à Bardamu sa lassitude de vivre : tout le dégoute. Justement, sa fiancée le tue de trois balles dans le cœur.

Bardamu finit où il a commencé : au bistro.

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  Une commentaire à “Voyage au bout de la nuit : résumé”

  1.  

    Bonjour madama Amélie,

    Je laisse ce commentaire pour savoir si il n’y aurait pas un moyen afin d’avoir ces résumés en pdf parce que j’aimerai pouvoir les lire un peu partout grâce à ma tablette pendant les semaines de révisions et à l’internat je n’ai pas de wifi.
    Désolé pour le dérangement et merci pour toutes les vidéos, tous les résumés et commentaires.
    Bonne continuation,
    Ananda (élève de 1e).

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