Le chevalier de la charrette, le lit périlleux : analyse

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Voici une analyse linéaire d’un extrait clé du du Chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes. Il s’agit de l’épisode du lit périlleux ou de la demoiselle tentatrice.

L’extrait analysé va de « Seigneur, vous m’avez bien disputée… » à « et puis je partirai ». La translation utilisée est celle du classicocollège de Belin Gallimard (p.43 à 45).

Le Chevalier de la charrette, la demoiselle tentatrice, Introduction

À la fin du XIIe siècle, le poète Chrétien de Troyes écrit plusieurs romans de chevalerie, à la demande de sa protectrice Marie de Champagne (fille du roi Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine). Ces romans se présentent comme de longs poèmes narratifs écrits en vers rimés.

Lancelot ou le Chevalier à la charrette, ici dans une traduction en prose, est ainsi composé, à l’origine, de distiques d’octosyllabes rimés (rimes dites « plates » ou « suivies »). La particularité des romans de Chrétien de Troyes est d’introduire, dans le thème de la chevalerie, une dimension « courtoise », féminine et amoureuse : le chevalier n’est plus uniquement un guerrier extraordinaire, comme c’était le cas dans les romans de chevalerie des siècles passés, mais aussi un homme raffiné, fidèle en amour, respectueux des dames. Chrétien de Troyes dessine un nouvel idéal chevaleresque : celui de l’amour courtois. (Voir ma fiche de lecture sur Le Chevalier de la charrette)

Dans ce passage, Lancelot, parti en quête de sa dame, la reine Guenièvre, enlevée par le fourbe Méléagant, est doublement mis à l’épreuve : il a dû prouver sa bravoure et son honnêteté, en sauvant d’un viol la demoiselle qui lui a offert l’hospitalité (ce n’était en fait qu’une mise en scène) ; il doit ensuite prouver sa fidélité. Mais un dilemme le tenaille : d’un côté, il veut être fidèle à son amour pour la reine Guenièvre ; de l’autre, il doit être fidèle à la promesse qu’il a faite à la demoiselle : celle de passer la nuit avec elle.

Problématique

Quelle leçon d’amour courtois le poète nous donne-t-il ici en l’exemple de Lancelot ?

Annonce du plan linéaire

Nous étudierons tout d’abord l’expression du dilemme et du débat intérieur chez Lancelot (depuis le début de l’extrait l.517 jusqu’à « un autre objet qui accapare ses pensées », l. 541).

Nous verrons ensuite comment le narrateur prend le relai pour exposer les principes de l’amour courtois à son lecteur (de « D’ailleurs ne plaît… », l. 541, à « s’appliquer à lui obéir », l. 552).

Enfin, nous verrons comment la noblesse de caractère de la demoiselle résout la situation (de « La jeune fille voit bien… », l. 552, à la fin de l’extrait).

I – Un coucher plein d’angoisse : le dilemme de Lancelot

(De « Seigneur, vous m’avez bien disputée » l.517 jusqu’à « un autre objet qui accapare ses pensées », l. 541).

Sauver son hôtesse d’un viol n’avait rien de difficile pour un guerrier comme Lancelot. En revanche, le moment du coucher est une épreuve cruelle car il doit d’un côté tenir sa promesse, de l’autre rester fidèle à sa reine.

A – Tout est fait pour le tenter

La jeune fille considère que Lancelot, qui a combattu pour la sauver, a droit, pour récompense, de passer la nuit avec elle : voilà qui devrait le réjouir. C’est ce qu’on devine quand elle le félicite : « Seigneur, vous m’avez bien disputée à toute ma maisonnée. Venez maintenant, je vous emmène » (l. 517-518).

L’impératif (« venez ») et l’affirmation « je vous emmène » donnent à ces paroles un ton impérieux : c’est à la demoiselle que tout obéit dans ce château, y compris Lancelot. Elle le mène par la main (« la main dans la main », l. 519). C’est un premier contact charnel.

Le lit évoque d’emblée la sensualité. Il est fait de « draps tout propres, blancs, larges et fins » (l. 523) et la couverture est faite d’une « double étoffe de soie » (l. 525-526). Pour en souligner la douceur et la richesse exceptionnelle, le narrateur évoque par contraste, et pour la rejeter, l’image d’une « vulgaire paillasse » et d’une « couette rugueuse » (l. 524). Ce dernier adjectif, « rugueux », met l’accent sur le sens du toucher. Quant à la demoiselle, elle se fond dans cette douceur soyeuse à laquelle elle est associée : « Et c’est là que la demoiselle se coucha » (l. 526).

B – L’angoisse de Lancelot et le combat intérieur

Lancelot est en proie à une angoisse qu’il n’ose exprimer. La locution adverbiale « de son côté » (l. 527) suggère au lecteur qu’il garde pour lui son sentiment. À l’inverse de la demoiselle, il se déshabille lentement, et cela lui coûte : « il a dû faire un gros effort pour enlever ses chausses et se déshabiller » (l. 528) ; un peu plus loin, il est dit qu’« il se couche en prenant son temps » (l. 533-534).

Le terme même d’ « angoisse » apparaît à deux reprises dans les lignes 528 et 529, où l’on évoque aussi un trouble physique : la transpiration (l. 529), symptôme de la peur qu’il éprouve.

Mais ici encore, Lancelot se dresse comme un exemple idéal de courage et d’abnégation : dans le combat intérieur qui se joue en lui, le devoir l’emporte sur le cœur. Ce combat est signalé par l’adverbe « toutefois » et la locution « malgré l’angoisse » (l. 529), qui évoquent l’obstacle à franchir, puis par l’image d’une « résistance » intérieure (l. 530).

Par un jeu de questions et de réponses, le narrateur omniscient guide son lecteur vers l’analyse psychologique du personnage : « Est-ce donc un coup de force ? Autant dire l’équivalent » (l. 530-531). Le champ lexical de la résistance est confirmé aux lignes 531 et 532 par les participes passés « contraint et forcé ». Le verbe impersonnel « il lui faut » (l. 532) exprime l’obligation impérieuse.

La victoire, elle, paraît dans les verbes « l’emporter » (l. 530 : « c’est sa promesse qui l’emporte ») et « briser » (« brise sa résistance »), mais aussi dans l’expression « coup de force » (l. 530-531) : Lancelot se fait violence pour se vaincre lui-même.

L’expression « sa promesse l’exige et le réclame » (l. 533) semble appartenir à un discours qu’il se tient à lui-même pour se convaincre qu’il ne peut faire autrement. Les deux verbes, « exiger » et « réclamer », sont ici synonymes : coordonnés, ils se renforcent l’un l’autre pour montrer le caractère impérieux du devoir de fidélité à la parole donnée.

Mais si Lancelot a pu vaincre sa résistance mentale, il n’en est pas pour autant sorti d’affaire.

C – Lancelot pétrifié

S’ensuit alors une série de phrases et d’expressions négatives qui expriment l’extrême contrainte physique dans laquelle se trouve Lancelot. Les négations s’expriment soit par la préposition « sans » suivie de l’infinitif, soit par la locution « ne pas », ou encore dans des verbes signifiant l’interdiction.

Tout d’abord, le chevalier ne s’est pas complètement déshabillé (« sans retirer sa chemise », l. 534), « pas plus qu’elle ne l’a fait » (l. 534-535) : en imitant la demoiselle, il a saisi l’occasion de gagner du temps.

Se glissant dans le lit, il agit comme en terrain ennemi, calculant ses gestes avec prudence : « il prend bien garde de ne pas la toucher mais s’en tient éloigné, couché sur le dos » (l. 535-536).

Évitant tout contact physique, le voilà dans une posture contrainte et gênée, comme s’il se trouvait en présence d’une bête dangereuse. Il évite aussi d’entamer toute conversation  sans dire un mot », l. 536). Le narrateur le compare alors, non sans une pointe d’humour, à un « frère convers à qui il est interdit de parler une fois qu’il est allongé dans son lit » (l. 535-536).

Tout à fait libre en réalité, en présence d’une belle jeune femme, Lancelot se comporte donc comme s’il était ligoté et bâillonné. Les phrases négatives se poursuivent pour exprimer l’état de pétrification de Lancelot : « Il ne tourne son regard ni vers elle ni de l’autre côté » (l. 538-539). La répétition de la coordination négative « ni » exprime l’immobilité forcée du chevalier mais constitue aussi une métaphore du dilemme dans lequel il est pris : il ne peut trouver de salut ni d’un côté ni de l’autre.

Enfin, les deux phrases suivantes répètent l’expression « il ne peut » (l. 539-540) qui expriment une incapacité et une impossibilité : « Il ne peut lui faire bon visage » (l. 539). Le narrateur omniscient en donne l’explication par une seconde impossibilité : « Pourquoi ? Il ne peut arracher de son cœur un autre objet qui accapare ses pensées » (l. 540). Lancelot est vaincu par le sentiment qu’il éprouve envers la dame qu’il aime. L’expression « qui accapare ses pensées » signale une obsession : c’est le sentiment amoureux qui le pétrifie et l’empêche d’agir.

II – Leçon d’amour courtois

A – La fidélité du chevalier

Le narrateur intervient alors pour expliquer cette situation paradoxale. Il fait une remarque, aux lignes 541 et 542, qui se détache du récit pour apporter une réflexion de portée générale. L’emploi des déterminants indéfinis et généraux « chacun » et « tout ce qui » montrent que l’observation est générale : ce n’est pas parce qu’un être est très beau qu’on l’on est séduit. Ainsi la jeune fille a beau être exceptionnellement belle, Lancelot n’y est pas sensible.

Et tandis qu’il poursuit son explication, sur un ton didactique, le narrateur ne parle plus de Lancelot en particulier, mais élargit son discours à la catégorie des chevaliers en utilisant l’article défini « le » au début de la phrase suivante, ainsi que le présent de vérité générale : « Le chevalier n’a qu’un cœur » (l. 542-543). Lancelot appartient à cette catégorie des chevaliers ; il n’a donc qu’un cœur.

Le mot « cœur » est ici utilisé de manière métaphorique pour désigner les sentiments amoureux. La négation restrictive (« ne…que ») donne les limites amoureuses dans lesquelles se tient le chevalier. Le narrateur énonce ensuite une règle, celle de la fidélité qui lie le chevalier à sa dame : « un cœur, qui en fait ne lui appartient pas, mais a été réservé à quelqu’un » (l. 543). La négation du verbe « appartenir » montre que le chevalier est comme dépossédé d’une part de lui-même. Ce cœur devient la propriété de « quelqu’un » d’autre. Le chevalier ne peut disposer de ce « cœur » comme il le souhaite : « si bien qu’il ne peut plus le prêter à une autre » (l. 544-545). Le chevalier est ainsi lié à la dame qu’il aime par sa fidélité, de même qu’il doit être fidèle à son roi dans la guerre. C’est la règle de l’amour courtois.

B – La loi universelle d’Amour

Poursuivant sa leçon, le narrateur franchit un nouveau cap dans la généralisation de son discours. Dans la phrase suivante, il n’est plus question seulement du cœur des chevaliers, mais de « tous les cœurs » (l. 546) ; il n’est plus question uniquement de l’amour courtois, mais d’« Amour » (l. 545), sentiment personnifié, désigné sans article et avec une majuscule qui rappelle le dieu antique de l’amour : Amor, ou Cupidon pour les Romains ; Éros pour les Grecs. L’expression « cette divinité » apparaît en effet un peu plus bas, à la ligne 547. L’amour est donc une force qui dépasse celle des hommes, et son pouvoir est universel : « Se fixer en un seul lieu, c’est la loi d’Amour qui gouverne tous les cœurs » (l. 545-546).

L’emploi de l’infinitif pronominal « se fixer », en position de sujet du verbe « c’est » (présent de vérité générale), a également pour effet de renforcer la généralité du discours, puisqu’en tant que verbe non conjugué, il énonce un concept, hors du temps, qui peut s’appliquer à chacun, et non une action particulière accomplie par un sujet particulier. Cette généralisation permet au narrateur de faire appel à l’expérience personnelle du lecteur en matière amoureuse, et ainsi de l’impliquer davantage dans son récit, en le poussant indirectement à s’identifier à Lancelot.

C – L’amour est signe d’élection

À cet instant de sa leçon, cependant, le narrateur s’arrête soudain pour s’interroger sur ce qu’il vient d’écrire et le mettre en doute : « Tous ? » (l. 546). Il apporte alors une correction et une restriction à la portée générale de son exposé : « non, répond-il, mais seulement ceux que cette divinité estime » (l. 546-547). L’expression restrictive « seulement ceux qui » signifie qu’il n’est pas donné à tout le monde de ressentir cet amour fidèle et dévoué.

Être amoureux est le signe d’une élection : les cœurs amoureux ont été choisis par l’Amour, et sont touchés par la grâce divine. Le verbe conjugué « estime » et l’infinitif « s’estimer » (l. 547) se suivent donc pour exprimer cette idée de privilège divin : « On doit donc s’estimer davantage si elle daigne vous gouverner » (l. 547-548). Le verbe « daigner », dont le sujet « elle » renvoie à la divinité, renvoie à l’idée selon laquelle le dieu Amour accorde un privilège à ceux qu’il choisit.

Ce privilège est paradoxal, puisqu’il aboutit à la dépossession de soi, comme l’exprime le verbe « vous gouverner », dont le pronom « vous » est objet, évoquant une attitude passive face au pouvoir divin.

Enfin, cette phrase conclut la digression didactique du narrateur grâce à la conjonction de coordination « donc ». Le pronom général « on » y est relayé par le pronom « vous » : grâce à l’emploi de la deuxième personne, le narrateur interpelle directement son lecteur et l’implique à nouveau dans le récit en faisant appel à son expérience amoureuse.

III – Résolution du dilemme

A – Retour à Lancelot et piété amoureuse

Puis le narrateur applique ses conclusions à son personnage, reprenant le vocabulaire et les images utilisés précédemment (« cœur », « estimé », « Amour », l. 548-549), mais en les replaçant dans le contexte précis de son récit.

Le retour à Lancelot se fait tout d’abord par le déterminant démonstratif « ce » et par la réapparition de l’imparfait : « Le cœur de ce chevalier était si estimé d’Amour » (l. 548-549). L’adverbe intensif « si », qui renforce le participe passé « estimé », donne à cette image un tour hyperbolique, confirmé dans la proposition suivante (consécutive) : « qu’il lui était le plus soumis du monde » (l. 549-550). Si brave soit-il, lui aussi est passif et obéissant entre les mains du dieu Amour, et peut-être plus encore qu’un homme ordinaire, car son cœur est très noble.

Enfin, de cette soumission à l’amour, le chevalier tire à juste titre une « estime » de soi. Le narrateur intervient alors en première personne pour prendre parti et défendre son personnage : « Aussi ne voudrais-je le blâmer d’éviter ce qu’Amour lui interdit et de s’appliquer à lui obéir » (l. 550-551). Tout en continuant de développer les champs lexicaux du pouvoir, de l’obéissance et de la soumission à l’ « Amour » (« gouverner », « soumettre », « interdire », « obéir »), le narrateur montre la grandeur de Lancelot, d’autant plus admirable qu’il honore le dieu Amour de tous ses efforts (« s’appliquer à »), avec une véritable piété religieuse.

B – La demoiselle se rend à l’évidence

C’est finalement la demoiselle qui apporte la résolution au dilemme dans lequel est pris Lancelot, et met fin à son tourment. Elle se rend tout d’abord à l’évidence : « La jeune fille voit bien et comprend qu’il hait sa compagnie » (l. 552-553). Le verbe « haïr » est hyperbolique et exprime ce que la demoiselle perçoit de la répulsion de Lancelot.

L’enchaînement des propositions qui suivent (deux complétives et une participiale, l. 553-555) développent ce constat de rejet. L’adverbe « volontiers » et la locution adverbiale « en tout cas » réitèrent l’expression de l’évidence. L’emploi du conditionnel dans les deux propositions complétives (« s’en dispenserait », « il ne lui demanderait rien de plus ») exprime ce que la demoiselle perçoit des souhaits de Lancelot, ce qu’il ferait s’il n’était tenu par son serment. Enfin, la proposition participiale « ne voulant pas s’unir à elle », affirmative, exprime une vérité que la demoiselle reconnaît comme certaine.

C – La demoiselle libère Lancelot de sa promesse

La prise de décision est indiquée par l’adverbe « alors » et l’emploi du passé simple (« elle lui dit », l. 555). S’ensuit une tirade qui montre la noblesse de caractère de la demoiselle : d’une part, elle se retire sans se sentir offensée ; et d’autre part, elle reconnaît la valeur de Lancelot, fidèle à l’extrême à ses serments.

Elle commence par une formule polie, qui a pour but de s’assurer qu’elle ne s’est pas trompée dans son appréciation de la situation : « Si cela ne doit pas vous contrarier » (l. 556). Elle énonce ensuite sa ferme décision, au futur : « je partirai d’ici. J’irai coucher dans ma chambre » (l. 556-557). Elle anticipe alors, dans le même élan, la conséquence de son départ : « vous vous sentirez plus à l’aise » (l. 557). C’est aussi la volonté de la demoiselle, qui, malgré la promesse qui a été faite, ne désire pas importuner Lancelot.

Enfin, elle ajoute une explication à son départ : « je ne pense pas que vous trouviez beaucoup d’agrément en mes attentions ni en ma compagnie » (l. 558-559). Ces mots sont prononcés en toute franchise, et la demoiselle s’en excuse : « N’ayez pas mauvaise opinion de moi si je vous dis ce que je pense » (l. 559-560). Enfin, toujours ferme dans ses paroles et sa volonté, elle poursuit avec impératif et verbe de volonté : « prenez » (l. 561), « Je veux donc » (l. 563).

Dans les dernières lignes de son discours, elle reconnaît pleinement la valeur de Lancelot : en lui conseillant le repos (l. 561) elle reconnaît le caractère héroïque des exploits guerriers qu’il a accomplis sous ses yeux. Enfin, elle le délivre de sa promesse en déclarant contre toute attente que cette promesse a été tenue au-delà de ses attentes : « vous avez si bien tenu la promesse que vous m’avez faite que je n’ai plus le droit d’exiger de vous davantage » (l. 562-563). La pleine satisfaction de la demoiselle s’exprime dans la tournure intensive et consécutive « si bien… que ». Et tout en décidant qu’elle n’a « plus le droit » de rien exiger de Lancelot, et en se retirant (« je partirai ») après une bénédiction, elle prouve elle-même sa noblesse de caractère.

Le chevalier de la charrettte, le lit périlleux, Conclusion

La scène est donc avant tout insolite et paradoxale : après maints exploits guerriers, le plus courageux des chevaliers de la Table Ronde se trouve pétrifié par la présence d’une demoiselle à demi nue dans un lit merveilleux : il est pétrifié d’angoisse, pris dans les filets d’une loyauté extrême.

Chevalier idéal, exemple parfait de magnanimité et d’abnégation, Lancelot ne peut ni manquer à sa promesse, ni être infidèle à sa dame. Il est donc voué au supplice psychologique du dilemme.

Cette situation sert le but pédagogique du narrateur qui souhaite ici enseigner à ses lecteurs en quoi consiste le nouvel idéal chevaleresque qu’il dessine dans ses romans : celui de l’amour courtois.

Il explique ainsi que, face à la promesse faite à la demoiselle, promesse qui engage l’honneur du chevalier, se trouve la dévotion quasi religieuse à l’Amour déifié. Cette piété amoureuse, signe d’une grâce divine, exige une fidélité sans faille à la dame à qui Lancelot a « réservé » son cœur. C’est finalement cette dévotion à l’Amour qui l’emporte, car la jeune fille l’a compris : elle-même d’un caractère noble, elle ne pousse pas sa demande jusqu’au bout et délivre Lancelot de sa promesse.

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Amélie Vioux

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