L’île des esclaves, Marivaux : fiche de lecture

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Watteau, Arlequin empereur dans la lune

Voici une fiche de lecture sur L’île des esclaves (1725) de Marivaux, œuvre au programme du bac de français pour les séries technologiques.

L’île des esclaves est une utopie qui transporte le spectateur sur une île antique où l’ordre social est renversé : les maîtres deviennent esclaves et les esclaves deviennent maîtres.

Ce renversement de rang vise à amuser le spectateur mais aussi à me faire réfléchir : Les maîtres méritent-ils vraiment d’être des maîtres ? Quelle est la raison d’être des inégalités sociales ? Maîtres et esclaves peuvent-il s’aimer ?

Il s’agit d’une comédie sociale qui souligne les tensions entre l’aristocratie et les domestiques.

Marivaux atténue cependant la violence de sa critique sociale par la distanciation via l’utopie, et le comique farcesque, cette pièce étant ponctuée par les plaisanteries grivoises d’Arlequin.

Qui est Marivaux ?

Originaire de la noblesse normande, Pierre Carlet Chamblain de Marivaux, dit Marivaux n’exerça jamais sa charge d’avocat car il préféra composer une œuvre variée : romans, chroniques, poèmes, et surtout comédies.

Après sa ruine provoquée par la banqueroute de Law en 1720, il s’inspire des comédies italiennes, dont il apprécie le jeu très corporel pour révolutionner la comédie sentimentale.

Il excelle dans la peinture des sentiments où il met en scène la surprise de l’amour dans un style subtil et raffiné que l’on appellera le marivaudage.

La surprise de l’amour (1722), Le jeu de l’amour et du hasard (1730) ou encore Les Fausses confidences (1737) comptent parmi ses plus célèbres comédies de l’amour.

Mais Marivaux dote ses pièces d’une réflexion sur les préjugés et l’organisation sociale.

Dans sa comédie sociale L’île des esclaves (1725), les réflexions politiques du dramaturge sont particulièrement explicites.

Dans divers journaux, Marivaux développe également une œuvre philosophique complémentaire à sa création théâtrale.

Ses réflexions se retrouvent également dans ses romans d’apprentissages (La Vie de Marianne, Le paysan parvenu), où se joue la tension entre l’ordre social et le désir amoureux.

Marivaux est aujourd’hui l’un des dramaturges les plus joués en France.

Comment résumer L’île des esclaves ?

Tu peux lire ici un résumé de l’île des esclaves détaillé scène par scène, avec une courte analyse de chaque scène.

Scène I

La scène se passe sur un rivage en Grèce antique.

L’aristocrate Iphicrate est désespéré car il vient de réchapper du naufrage de son navire, et craint de ne plus revoir Athènes.

Son valet Arlequin, rescapé avec lui, se réjouit d’apprendre par son maître qu’ils ont échoué sur l’île des esclaves où les maîtres sont mis en esclavage.

La relation entre le maître et le serviteur s’inverse déjà.

Scène 2

Alors qu’Iphicrate s’apprête à tuer Arlequin, il est surpris par des habitants de l’île.

Trivelin, qui dirige l’île des esclaves, intervertit les rôles entre le maître et l’esclave, afin de corriger l’orgueil des maîtres et fonder une société plus égalitaire.

Iphicrate s’afflige tandis qu’Arlequin se réjouit de cette inversion des rôles.

Scène 3

Euphrosine et son esclave Cléanthis sont deux autres rescapées du naufrage.

Cléanthis souhaite battre son ancienne maîtresse par colère et ressentiment, mais Trivelin la réfrène : « Doucement, point de vengeance. »

Trivelin invite alors Cléanthis à dresser le portrait d’Euphrosine. Cléanthis caricature son ancienne maîtresse en mondaine superficielle : « C’est Madame, toujours vaine ou coquette ».

Scène 4

Trivelin demande à Euphrosine de reconnaître la justesse du portrait établi par Cléanthis, en échange d’une libération plus rapide, ce qu’Euphrosine accepte après des hésitations.

Scène 5

Arlequin se réjouit de son nouveau statut de maître. Trivelin l’invite à dresser le portrait d’Iphicrate; il esquisse alors le portrait satirique d’ « un ridicule ».

Iphicrate finit par admettre la justesse de ce portrait, en espérant retrouver rapidement son ancien statut.

Scène 6

Arlequin et Cléanthis veulent incarner leur rôle de maîtres en s’entretenant sur l’amour à la manière des aristocrates. Mais leurs discours galants tournent à la parodie de la galanterie.

Arlequin condamne alors l’hypocrisie mondaine : « Nous sommes aussi bouffons que nos patrons ; mais nous sommes plus sages. »

Se met en place un chassé-croisé amoureux et social : Arlequin demande à Cléanthis d’arranger son union avec Euphrosine ; tandis que Cléanthis demande à Arlequin d’arranger son union avec Iphicrate.

Scène 7

Cléanthis ordonne à Euphrosine d’aimer Arlequin, « homme franc » dont l’honnêteté s’oppose à l’hypocrisie mondaine.

Scène 8

Arlequin tente maladroitement de séduire Euphrosine, engendrant un contraste plaisant entre son nouveau statut de maître et son langage populaire : « c’est que je vous aime, et je ne sais comment vous le dire. »

Euphrosine, accablée, l’exhorte à la laisser tranquille : « Ne persécute point une infortunée, parce que tu peux la persécuter impunément. » La jeune aristocrate déchue reste supérieure au parvenu incapable de s’exprimer.

Scène 9

Arlequin demande à Iphicrate d’aimer Cléanthis. L’ancien maître, révolté, l’exhorte à la clémence.

Arlequin, ému, le rappelle à son égoïsme passé : « Tu veux que je partage ton affliction, et jamais tu n’as partagé la mienne. ».

Puis, il accède à sa demande de libération, soulignant sa supériorité morale : « moi, je n’aurai point le courage d’être heureux à tes dépens. »

Iphicrate confesse alors : « je ne méritais pas d’être ton maître. »

Arlequin procède à l’échange des tenues.

Scène 10

Maîtres et esclaves sont réunis.

Arlequin invite Cléanthis à l’imiter car il pense que les maîtres se sont remis en question.

Elle prononce alors une tirade dénonçant l’immoralité des puissants qui osent demander la clémence à ceux qu’ils opprimaient.

Émue par les aveux d’Euphrosine, Cléanthis lui rend sa liberté : « Si vous m’avez fait souffrir, tant pis pour vous, je ne veux pas avoir à me reprocher la même chose, je vous rends la liberté ».

Euphrosine lui répond comme à une égale.

Scène 11

Trivelin se réjouit car « la paix est conclue, la vertu a arrangé tout cela ».

Sa tirade finale décrit avec philosophie la différence des conditions comme une épreuve. Il annonce qu’un navire emmènera bientôt les personnages à Athènes.

La pièce s’achève sur une scène dansée et chantée à l’italienne, où des esclaves célèbrent leur libération : « La vertu seule a droit de plaire » .

Quels sont les personnages dans L’île des esclaves ?

Iphicrate : Iphicrate est le maître d’Arlequin, décrit par ce dernier comme un galant ridicule. En grec, son nom signifie « celui qui gouverne par la force ». Avant d’être désarmé par Trivelin, il n’hésite en effet pas à utiliser son épée contre Arlequin.

Arlequin : Arlequin est un personnage traditionnel de la commedia dell’arte. Fidèle à cette filiation, l’esclave d’Iphicrate est un personnage bouffon, comique et porté sur la bouteille. Il donne lieu à des scènes farcesques.

Euphrosine : Euphrosine est la maîtresse de Cléanthis. Elle est décrite par son esclave comme « une vaine minaudière et coquette ». Cette femme narcissique voue à culte à l’apparence. Elle se montre cruelle avec son esclave qu’elle accable de quolibets.

Cléanthis : L’esclave d’Euphrosine est animée par une soif vengeresse envers son ancienne maîtresse. Ce personnage un peu plus profond qu’Arlequin révèle la dure condition des esclaves (et donc des domestiques au XVIIIème siècle). Elle finit néanmoins à pardonner à sa maîtresse.

Trivelin : Trivelin, un habitant de l’île des esclaves, est chargé de faire respecter les règles de l’île aux nouveaux arrivants. Il agit comme un metteur en scène, distribuant les rôles et les costumes aux autres personnages. Son but est de donner « un cours d’humanité » aux maîtres en les invitant à reconnaître leurs torts et à s’amender. C’est un personnage juste qui prône la fraternité et l’adoucissement des mœurs.

Quels sont les personnages dans L’île des esclaves ?

Iphicrate

Iphicrate est le maître d’Arlequin, décrit par ce dernier comme un galant ridicule.

En grec, son nom signifie « celui qui gouverne par la force ». Avant d’être désarmé par Trivelin, il n’hésite en effet pas à utiliser son épée contre Arlequin.

Arlequin

Arlequin est un personnage traditionnel de la commedia dell’arte.

Fidèle à cette filiation, l’esclave d’Iphicrate est un personnage bouffon, comique et porté sur la bouteille. Il donne lieu à des scènes farcesques.

Euphrosine

Euphrosine est la maîtresse de Cléanthis. Elle est décrite par son esclave comme « une vaine minaudière et coquette ».

Cette femme narcissique voue à culte à l’apparence. Elle se montre cruelle avec son esclave qu’elle accable de quolibets.

Cléanthis

L’esclave d’Euphrosine est animée par une soif vengeresse envers son ancienne maîtresse. Ce personnage un peu plus profond qu’Arlequin révèle la dure condition des esclaves (et donc des domestiques au XVIIIème siècle). Elle finit néanmoins à pardonner à sa maîtresse.

Trivelin

Trivelin, un habitant de l’île des esclaves, est chargé de faire respecter les règles de l’île aux nouveaux arrivants.

Il agit comme un metteur en scène, distribuant les rôles et les costumes aux autres personnages.

Son but est de donner « un cours d’humanité » aux maîtres en les invitant à reconnaître leurs torts et à s’amender. C’est un personnage juste qui prône la fraternité et l’adoucissement des mœurs.

Quels sont les thèmes importants dans L’île des esclaves de Marivaux ?

Les inégalités sociales

La pièce de Marivaux souligne que la société est un jeu aux règles inégalitaires, car le rang social de l’individu ne correspond pas à son mérite.

En effet, l’ordre social découle du seul hasard des naissances : « n’est-ce pas le hasard qui fait tout ? » demande Cléanthis ironiquement (Scène VI).

Or Marivaux appelle à comprendre que la véritable grandeur est morale, et non sociale : « Il faut avoir le cœur bon, de la vertu et de la raison […] voilà […] ce qui fait qu’un homme est plus qu’un autre. » (Scène X)

La pièce dénonce également le fait que les individus tendent à considérer comme naturelles des inégalités créées par la société, comme lorsqu’Iphicrate estime que son statut de maître va de soi : « méconnais-tu ton maître, et n’es-tu plus mon esclave ? » (Scène I).

Marivaux montre ainsi la société comme un théâtre où chacun est affecté à un rôle : « cela est-il du jeu ? » (Scène II).

La critique de l’aristocratie

Trivelin pousse chacun à aller derrière les apparences sociales pour démasquer l’hypocrisie, la courtisanerie et le narcissisme des personnes des aristocrates.

Ainsi, Trivelin demande à Cléanthis de faire le portrait d’Euphrosine : l’esclave dépeint une « vaine minaudière et coquette », une jeune femme narcissique qui voue un culte à l’apparence.

Dans la scène 6, Arlequin et Cléanthis parodient les codes galants de l’époque, ce qui permet à Marivaux de dénoncer la courtisanerie superficielle des aristocrates au XVIIIème siècle.

La pièce exprime ainsi une critique de l’aristocratie qui corrompt les cœurs : « car c’est la belle éducation qui donne cet orgueil-là. » (Scène III)

La pièce offre ainsi une tribune au regard dépréciatif des couches populaires sur les classes supérieures.

Le portrait satirique des personnes de haute naissance s’inscrit dans le courant de la littérature satirique héritée de La Bruyère (Les Caractères).

Promouvoir une société charitable

Dans cette pièce, l’ordre social est renversé afin de corriger la tyrannie des puissants sur les plus faibles.

Marivaux dénonce la cruauté des maîtres qui insultent leurs domestiques (Cléanthis révèle que sa maîtresse la nomme  «Sotte, Ridicule, Bête, Butorde, Imbécile, et caetera » ) et les brutalisent parfois physiquement (Iphicrate a l’habitude de rouer Arlequin de coups de bâton).

Grâce au renversement des rôles, les maîtres subissent des épreuves humiliantes et prennent conscience de la dure condition des domestiques.

Cette inversion des rangs leur permet de reconnaître leurs torts pour s’amender.

Marivaux prône donc un adoucissement des moeurs, une société plus charitable.

Mais cet adoucissement va dans les deux sens.

En effet, devenu maître, Arlequin se réjouit de pouvoir battre à son tour son ancien maître (scène 1). Il est animé d’une violence vengeresse.

Or Trivelin tempère cette violence : « Doucement, point de vengeance. » (Scène III). Il encourage Arlequin et Cléanthis à pardonner à leurs anciens maîtres.

Marivaux n’offre donc pas un exutoire où les valets se vengent de leurs maîtres. Loin d’appeler à renverser l’ordre social, il envisage simplement un adoucissement des rapports sociaux.

La pièce s’achève ainsi dans la fraternité : Marivaux ne prône pas l’abolition des différences sociales, mais invite les spectateurs à traiter autrui avec bonté et humanité.

Guérir la société par le théâtre

Trivelin traite la cruauté des maîtres comme une maladie à soigner.

Il a recours ainsi à une métaphore médicale : « vous êtes moins nos esclaves que nos malades. » (Scène II)

Il explique aux maîtres sa méthode pour les guérir : « Nous ne nous vengeons plus de vous, nous vous corrigeons ; ce n’est plus votre vie que nous poursuivons, c’est la barbarie de vos cœurs que nous voulons détruire ; nous vous jetons dans l’esclavage pour vous rendre sensibles aux maux qu’on y éprouve » (Scène II).

Il ne s’agit donc pas de se venger mais d’amener les maîtres à se mettre à la place d’autrui pour devenir plus fraternels.

Par la métaphore médicale, Marivaux suggère également que le théâtre peut guérir la société en la soignant de ses maux.

Tout comme Trivelin pousse les maîtres à reconnaître leurs torts, le théâtre offre en effet un miroir salvateur à la société.

Une fable politique ?

Il est tentant de voir dans L’île des esclaves une utopie politique qui remet en cause les hiérarchies sociales sous l’Ancien Régime.

Mais cette interprétation de la pièce est trop hâtive.

Certes, Marivaux adresse dans cette pièce un message politique et invite à une réflexion sur la légitimité de l’ordre social et le traitement des domestiques au XVIIIème siècle.

Néanmoins, à la fin de l’œuvre, chaque personnage réintègre son rôle et il semble qu’une fois retournés à Athènes, les personnages pourraient retourner à l’ordre ancien et inégalitaire.

Par ailleurs, l’inversion des rôles a permis de montrer que les esclaves n’avaient pas l’étoffe des maîtres. Ainsi, Arlequin reste un bouffon comique avec un penchant irrésistible pour la boisson.

Le spectateur peut même se demander si les maîtres n’ont pas feint leurs pardons pour être libérés.

La conclusion reste donc ouverte.

Marivaux n’enferme pas sa pièce dans le statut de la démonstration. Il suggère peut-être également l’impossibilité d’une société égalitaire.

Quelles sont les caractéristiques de l’écriture de Marivaux dans cette pièce ?

Un comique burlesque

L’intrigue de L’île des esclaves s’inspire d’une célébration populaire : le Carnaval, où les rôles sociaux s’inversent : « Eh bien, changez de nom à présent ; soyez le seigneur Iphicrate à votre tour ; et vous, Iphicrate, appelez-vous Arlequin, ou bien Hé. » (Scène II)

Cette filiation inscrit d’emblée la pièce dans l’univers de la comédie.

Arlequin est d’ailleurs un des personnages traditionnels de la commedia dell’arte, théâtre populaire italien.

Arlequin est traditionnellement un valet bouffon, changeant et porté sur la bouteille dont le comique provient de ses lazzis, gesticulations exagérées, mais aussi de ses familiarités comiques : « Malepeste » (Scène VI), ou de ses tautologies : « Oh ! quand je suis gai, je suis de bonne humeur. ».

En reprenant ce personnage traditionnel de la commedia dell’arte, Marivaux inscrit L’île des esclave dans l’univers de la comédie et de la farce.

Le comique révolutionnaire

Cet humour n’est cependant pas gratuit : le renversement carnavalesque est libérateur et subversif, puisqu’il nie à l’aristocratie son droit à dominer la société.

L’humour burlesque offre donc une tribune à une dénonciation sociale.

Le caractère subversif de cet humour est cependant atténué par la personnalité bouffonne d’Arlequin qui dédramatise l’intrigue.

Parodier pour interroger

Marivaux parodie genres et registres élevés pour mieux les critiquer.

La pièce joue ainsi à parodier la tragédie classique à travers les maîtres : « Juste ciel ! Peut-on être plus malheureux et plus outragé que je le suis ? » (Scène 1).

La pièce parodie également la galanterie courtoise (Scène 6).

Que signifie le parcours « Maîtres et valets » ?

Le parcours associé à cette œuvre au bac de français est : Maîtres et valets.

Le rôle du valet au théâtre a évolué au fil des siècles.

Le valet est un personnage qui s’inscrit dans une longue tradition comique qui remonte à la Commedia dell’arte italienne.

Dans la Commedia dell’arte, Arlequin est un valet bouffon, rustre, changeant, glouton et porté sur la bouteille.

Il se distingue par son agilité et ses contorsions farcesques. Il porte un costume composé de losanges bigarrés symbolisant sa versatilité.

On retrouve le personnage du valet bouffon chez Molière au XVIème siècle, soit deux siècles avant Marivaux (notamment avec Scapin dans Les fourberies de Scapin ou Sganarelle dans Dom Juan…).

Chez Molière, le valet est un contrepoint comique au maître. Il est souvent rusé, mais grossier, peu cultivé, avec un penchant irrépressible pour la bouteille. Il ne porte aucune revendication sociale, et n’a jamais l’étoffe d’un maître.

Mais au fil des siècles, la relation maîtres valets va gagner en épaisseur.

Marivaux reprend ainsi le personnage d’Arlequin dans de nombreuses pièces, mais le rend souvent plus astucieux, plus habile ou plus spirituel que dans les farces de la commedia dell’arte (par exemple dans la pièce Arlequin poli par l’amour où le célèbre valet devient plus subtil).

Dans L’île des esclaves, Arlequin se caractérise toujours par sa balourdise et sa paresse, mais acquiert un peu plus de profondeur psychologique car il souffre de la cruauté de son maître.

L’intrigue permet par ailleurs de bousculer les hiérarchies sociales en place et dénoncer ainsi la cruauté des puissants.

On note toutefois que dans cette pièce, Marivaux appelle à traiter les valets avec plus de fraternité mais ne remet pas ouvertement en cause l’ordre social puisqu’à la fin de la pièce, maîtres et valets réintègrent chacun leur rôle.

La psychologie du valet de comédie est approfondie quelques décennies plus tard par Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro (1778).

Dans Le mariage de Figaro, le valet se démarque en effet de ses prédécesseurs  : il est plus rusé, habile, ironique au point où il surpasse son maître, le Comte Almaviva, en intelligence et en vertu.

Le Figaro de Beaumarchais remet en cause les hiérarchies sociales. Sa volonté d’émancipation est alors emblématique du siècle des Lumières.

Le valet est donc d’abord un personnage stéréotypé, un confident ou un contrepoint comique, mais il prend peu à peu de l’épaisseur avec Marivaux jusqu’à devenir un personnage complexe qui porte des revendications sociales avec Beaumarchais.

Lectures cursives suggérées pour ce parcours :

Dom Juan, Molière : résumé
Le Mariage de Figaro, Beaumarchais (fiche de lecture)
Les Fausses confidences, Marivaux (fiche de lecture)
Ruy Blas, Victor Hugo : résumé
En attendant Godot, Beckett : résumé
Les Bonnes, Genet (fiche de lecture)

Analyses sur L’île des esclaves :

L’île des esclaves, acte 1 scène 1 : analyse

Qui suis-je ?

Amélie Vioux

Je suis professeur particulier spécialisée dans la préparation du bac de français (2nde et 1re).

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Tu peux également retrouver mes conseils dans mon livre Réussis ton bac de français 2021 aux éditions Hachette.

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