Baudelaire [fiche auteur]

 

portrait de baudelaireCharles Baudelaire est un auteur majeur de la littérature française considéré comme le précurseur de la modernité poétique.

Son œuvre est fascinante car elle se situe au carrefour de toutes les influences du 19ème siècle : héritier du romantisme et du Parnasse, la poésie de Baudelaire annonce déjà le symbolisme (avec la théorie des correspondances notamment).

Son recueil le plus célèbre, Les Fleurs du Mal, montre un poète tiraillé entre le spleen et l’idéal, le mal et le bien, la laideur et la beauté.

Ce recueil a choqué la bourgeoisie bien-pensante de l’époque pour sa volonté de mêler le beau et le sordide, le bien et le mal.

Autre apport majeur de Baudelaire à la littérature française : le poète libère la poésie des contraintes du vers et de la rime en publiant un recueil de poèmes en prose : Le spleen de Paris.

Cette nouvelle forme poétique au XIXème siècle prépare d’autres formes poétiques à venir comme le vers libre.

Biographie

Né en 1821, orphelin à l’âge de 6 ans, Charles Baudelaire est un enfant difficile qui ne supporte pas le nouvel époux de sa mère, le commandant Aupick.

Une fois le baccalauréat en poche, le jeune Baudelaire mène une vie dissipée dans le quartier latin (Paris).

Pour l’arracher à cette vie de débauche, sa famille l’oblige à faire un voyage aux Indes en paquebot. Mais Baudelaire s’arrête sur l’île Bourbon (l’île de la Réunion) et rentre à Paris au bout de dix mois.

Ce voyage influencera ses écrits dans lesquels les thèmes de l’ailleurs et de l’exotisme sont très présents (par exemple « La chevelure » ou Parfum exotique »)

A son retour, Baudelaire rencontre Jeanne Duval et dilapide son argent en menant une vie de dandy à Paris.

Alarmée, sa famille le fait mettre sous tutelle pour ne lui donner chaque mois qu’une « pension raisonnable ».

Pour subvenir à ses besoins, Baudelaire n’a alors d’autres choix que de travailler : il se lance dans la critique d’art et la critique littéraire et fréquente les salons littéraires, dont celui de Mme Sabatier dont il s’éprend en 1852. Il traduit également Edgar Poe dont les écrits morbides le fascinent et l’influenceront.

Baudelaire publie Les Fleurs du Mal en 1857, à l’âge de 36 ans, mais son recueil fait l’objet d’un procès et Baudelaire est condamné en correctionnelle pour « immoralité » . Il est contraint de payer une amende et retirer six pièces de son recueil.

Atteint de la syphilis, Baudelaire souffre et abuse des drogues comme l’opium et le haschisch. Il s’isole et meurt en 1867 à l’âge de 46 ans.

Tu peux retrouver ici la biographie complète de Baudelaire [avec vidéo]

Les œuvres majeures de Baudelaire

Les Fleurs du Mal (1857)

Les Fleurs du Mal est un recueil de poèmes qui retrace le trajet de l’âme de Baudelaire qui vit une descente aux enfer.

Le recueil est divisé en six sections : spleen et idéal, tableaux parisiens, Fleurs du Mal, révolte, le vin, la mort.

La première section, « Spleen et Idéal », est de loin la plus longue du recueil.

Elle développe l’idée du spleen, malaise existentiel qui accable le poète.

Au dégoût, à la laideur et au désespoir s’oppose l’Idéal, c’est à dire la beauté, le sens, l’évasion.

Le poète est écartelé entre spleen et idéal, entre Dieu et Satan.

Paru en 1857, ce recueil connait un destin difficile. En effet, Baudelaire est condamné en correctionnelle pour « outrage à la moralité publique », et se voit contraint de supprimer six pièces des Fleurs du Mal et de payer une amende de trois cents francs.

Le « scandale » des Fleurs du Mal ne réside pas uniquement dans les six poèmes érotiques que Baudelaire a été contraint de supprimer. Ce qui a choqué les bonnes mœurs de l’époque, c’est la volonté de Baudelaire de mêler le beau et le sordide, la sensualité et la mort (voir par exemple les poèmes « Charogne » ou « Le Vampire » ).

Ce n’est qu’en 1949 que la Cour de cassation réhabilite Baudelaire et autorise la publication des six pièces condamnées en 1857.

Les paradis artificiels (1860)

Contrairement à une idée reçue, Les paradis artificiels n’est pas un éloge de la drogue.

C’est un essai dans lequel Baudelaire réfléchit aux effets du haschich et de l’opium sur l’artiste.

La conclusion de Baudelaire est que ces drogues sont néfastes pour la création artistique.

Le spleen de Paris (« Petits poèmes en prose » ) (1869)

Le Spleen de Paris est un recueil de 50 « petits poèmes en prose » publié à titre posthume (c’est à dire après la mort de Baudelaire) en 1869. La plupart de ces poèmes avaient toutefois été publiés dans des journaux entre 1855 et 1864.

Ce recueil est résolument moderne : Baudelaire s’est défait des contraintes du vers et de la rime pour présenter une forme poétique nouvelle. Son sujet est également moderne : la ville.

Quels sont les thèmes de prédilection de Baudelaire ?

Les paradis perdus :

Baudelaire est constamment à la recherche des paradis perdus : l’enfance, l’ailleurs exotique, le voyage, l’ivresse.

Le spleen :

Le spleen est le mal-être baudelairien. Il s’agit d’un état dépressif et morbide ressenti par le poète.

La femme et l’amour :

La femme aimée est une inspiratrice pour Baudelaire, une muse. Il sublime dans Les Fleurs du Mal les trois femmes de sa vie (Jeanne Duval, Marie Daubrun, Mme Sabatier). La femme offre un visage multiple : mère, amante, déesse, diablesse.

La ville :

Baudelaire est fasciné par la ville et l’expérience de la solitude dans la multitude. La ville est le sujet de la section « Tableaux parisiens » des Fleurs du Mal mais aussi du recueil Le Spleen de Paris.

A quel mouvement littéraire appartient Baudelaire ?

Baudelaire est un auteur qui se situe à la croisée de plusieurs mouvements littéraires.

Aux romantiques, il emprunte le lyrisme et la figure du poète incompris (voir « L’albatros » ).

Proche de Théophile Gautier, il est influencé par la rigueur de l’écriture parnassienne.

Sa tension entre le visible et l’invisible, le spleen et l’Idéal et sa théorie des correspondances préfigurent les poètes symbolistes.

Pourquoi étudier Baudelaire ?

Charles Baudelaire est le précurseur de la modernité en poésie.

D’un point de vue formel, il rompt avec la poésie traditionnelle en jouant avec l’alexandrin (nombreux enjambements, rejets et contre-rejets qui déstructurent les vers classiques) et en initiant la poésie en prose.

Sur le fond, Baudelaire affirme une sensibilité moderne : il s’intéresse à la ville, au bizarre, à la laideur, au mal.

Il met aussi en place la théorie des correspondances selon laquelle des liens mystérieux existent entre le monde visible et invisible et entre tous les sens (les synesthésies).

L’influence de Baudelaire est palpable chez de nombreux auteurs : Verlaine, Rimbaud, Lautréamont, Desnos, Claudel, Gide.

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