l'encyclopédie des lumièresL’Encyclopédie, conduite par Diderot et d’Alembert entre 1751 et 1766, est une entreprise collective monumentale qui entreprend de faire l’inventaire de tous les savoirs.

Pourquoi vos professeurs vous en parlent tant ?

Tout simplement parce que  L’Encyclopédie est l’œuvre la plus emblématique du siècle des Lumières.

Si on y réfléchit, elle synthétise la pensée des Lumières : son but est de diffuser les savoirs pour émanciper les hommes.

Finies les explications théologiques du monde : les philosophes des Lumières nous invitent à acquérir des connaissances, à penser par nous-même et à utiliser notre raison.

Mais l’Encyclopédie n’a pas qu’un but de vulgarisation des savoirs.

C’est aussi une entreprise militante et critique à l’égard des abus de la monarchie absolue, du fanatisme religieux et des préjugés. C’est ce qui fait d’elle une œuvre des Lumières.

L’encyclopédie des Lumières : la vidéo rapide et efficace

 

D’où est venue l’idée de faire une Encyclopédie ?

On ne le sait pas toujours, mais l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert devait être au départ la simple traduction d’une encyclopédie anglaise nommée Cyclopaedia publiée par l’anglais Chambers en 1728.

En effet, le libraire parisien André Le Breton veut traduire les deux volumes de la Cyclopaedia de Chambers. Il confie ce projet de traduction à Diderot et d’Alembert en 1750.

Mais Diderot et d’Alembert finissent par abandonner ce projet de traduction pour faire leur propre Encyclopédie.

Leur projet est ambitieux. Alors que la Cyclopaedia de Chambers contenait deux volumes, Diderot et d’Alembert envisagent un ouvrage beaucoup plus vaste qui ferait l’inventaire de tous les savoirs.

Le sous-titre de l’Encyclopédie est d’ailleurs Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.

Quant à l’étymologie d’Encyclopédie, elle est parlante :
♦ cyclo = le cercle;
♦ paideia = le savoir.
=> L’Encyclopédie a donc pour projet de faire le tour de tous les savoirs !

Un projet d’une telle ampleur ne pouvait bien sûr pas être mené en une ou deux années.

Dès 1750, Diderot rédige Le Prospectus pour demander aux lecteurs de souscrire à un abonnement pour recevoir les volumes au fur et à mesure de leurs publications.

Le Prospectus récolte plus de 1000 souscripteurs en 1750, et l’Encyclopédie atteindra environ 4500 souscriptions les année suivantes.

Cela peut paraître  peu aujourd’hui, mais pour le XVIIIème siècle, c’est énorme !

A l’époque, un ouvrage était rarement tiré à plus de 1500 exemplaires. L’Encyclopédie, malgré son prix élevé, est un véritable succès éditorial.

A quoi ressemble l’Encyclopédie de Diderot ?

L’Enyclopédie des Lumières est une œuvre monumentale de 35 volumes !

On compte 17 volumes de textes, 11 volumes d’illustrations, auxquels s’ajoutent des suppléments.

Les 28 premiers volumes ont été publiés progressivement de 1751 à 1772.

L’Encyclopédie veut faire le tour des savoirs et accordent une place importante aux techniques et aux métiers.

Les planches d’illustrations sont remarquables. C’est un ouvrage qui a donc mobilisé des philosophes mais aussi une équipe de graveurs ! Voici des exemples d’illustrations :

gravure encyclopédie

planche d'illustration encyclopédieillustraiton plomberie encyclopédiePourquoi l’Encyclopédie a rencontré tant d’hostilité ?

La publication de l’Encyclopédie n’a pas été chose facile.

Dès la sortie du premier volume en 1751, les jésuites s’opposent à cet ouvrage qu’ils jugent subversifs.

L’Encyclopédie est censurée plusieurs fois, et même condamnée par le Pape.

Elle finira par être éditée clandestinement sous une adresse Suisse afin d’éviter la censure dont elle fait l’objet en France.

Tu te demandes peut-être :

Mais si le but des philosophes est simplement de diffuser les savoirs, pourquoi tant d’hostilités ?

C’est qu’en y regardant de plus près, des articles apparemment anodins sont en réalité des articles militants qui critiquent les préjugés, l’obscurantisme et les dogmes religieux.

Par exemple, l’article « Capuchon » ne se contente pas de donner la définition d’un capuchon (un vêtement) : c’est un article ironique, qui tourne en dérision les dogmes religieux.

L’article « Paix » de Damilaville est une dénonciation polémique de la guerre.

L’article « Réfugié » constitue une critique de la révocation de l’Edit de Nantes et de la persécution des Protestants.

Ces articles de l’Encyclopédie ne sont donc pas purement descriptifs.

Ils remettent en cause les abus de la monarchie absolue, le fanatisme et les dogmes religieux.

C’est ce qui explique les nombreuses hostilités, notamment la condamnation de l’ouvrage par le Pape en 1759 et la censure.

Qui a écrit l’Encyclopédie ?

Diderot et d’Alembert ont dirigé le projet encyclopédique. Ils n’ont pas tout écrit. Ils ont fait appel à 158 collaborateurs et à des nombreux graveurs qui ont réalisé les illustrations.

Parmi les collaborateurs, on compte les philosophes des Lumières les plus célèbres comme Voltaire, Rousseau, Jaucourt, D’Holbach, Dumarsais, Damilaville et Condillac.

Pour aller plus loin :

Ne manque pas de te tester avec mon quiz sur le siècle des Lumières 🙂

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