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Dans Fêtes galantes, publié en 1869, Paul Verlaine s’inspire des peintures du 18ème siècle, comme celles d’Antoine Watteau, qui mettent en scène l’univers du théâtre, du jeu et de la galanterie.

Mais derrière le jeu et la gaieté ressurgit toujours la mélancolie et la solitude.

I – Le contexte de Fêtes galantes

Fêtes galantes de Verlaine est publié en 1869. Il s’agit du 2e recueil de Verlaine, après Poèmes saturniens.

A l’occasion d’une exposition au Louvre, le 19e siècle redécouvre « les peintres des fêtes galantes » du 18e siècle, dont le plus célèbre est Antoine Watteau.

Ces peintres mettent en lumière des scènes de badinage amoureux au 18e siècle dans un univers théâtral, proche de la Commedia dell’arte.

Verlaine s’inspire des tableaux de Watteau pour écrire les poèmes de Fêtes galantes. Certains poèmes peuvent même être vus comme des transpositions littéraires des peintures de Watteau.

II – Résumé des fêtes galantes

De prime abord, les poèmes de Fêtes galantes s’apparentent à des scènes légères sur la galanterie, l’amour et les sentiments.

Ainsi, le recueil s’ouvre sur « Clair de lune » et « Pantomime » qui plongent le lecteur dans l’univers léger de la Commedia dell’arte.

Mais les poèmes font ressortir l’échec du sentiment amoureux et la solitude derrière le masque joyeux.

Dès « Clair de lune » , Verlaine note ainsi que les personnages sont « Tristes sous leurs déguisements fantasques » et « n’ont pas l’air de croire à leur bonheur« .

Cette dissonance s’accentue au fil du recueil, jusqu’à faire entendre l’échec de la relation amoureuse dans le dernier poème, « Colloque sentimental » :

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

III – Thèmes majeurs

Le libertinage amoureux

Dans ce recueil, l’amour est badin et frivole, incarné par des personnages de la Commedia dell’arte qui rappellent la légèreté des personnages de Marivaux. Les personnages se séduisent et se quittent sans souffrance.

Mais ce libertinage amoureux n’est pas source de plénitude. C’est un amour futile qui s’évanouit rapidement.

Ainsi, dans « En sourdine », l’amour s’achève dans « un silence profond ».

Dans « Colloque sentimental » , les amants ont oublié leurs amours passées :

– Te souvient-il de notre extase ancienne?
– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

– Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? – Non.

C’est donc la mélancolie qui l’emporte sur l’amour.

La Commedia dell’arte

Verlaine dépeint dans Fêtes galantes l’univers théâtral de la Commedia dell’arte avec ses personnages emblématiques comme Colombine et Arlequin.

Certains poèmes s’apparentent même à des tirades ou des dialogues de saynète théâtrale comme « Dans la grotte » où Verlaine parodie une tirade tragique ou « Colloque sentimental » qui met en scène un dialogue entre deux amants.

Mais Verlaine ne place pas son recueil sous le signe de la farce. L’univers théâtral donne à son recueil une atmosphère de légèreté et de douceur et met en lumière l‘inconstance des sentiments amoureux, comme dans le théâtre de Marivaux.

La peinture

De nombreux poèmes des fêtes galantes ressemblent à une transposition littéraire de peintures d’Antoine Watteau (1684-1721).

Les peintures de Watteau mettent en lumière l’inconstance des sentiments, le mouvement, le tourbillon des cœurs, le jeu et la désinvolture.

Verlaine retranscrit dans ses poèmes cette impression de mouvement et de tourbillon.

Par exemple dans « Mandoline » :

Et leurs molles ombres bleues
Tourbillonnent dans l’extase

IV – L’écriture dans Fêtes galantes

Fêtes galantes est composé de 22 poèmes souvent brefs, en alexandrins, mais plus souvent en décasyllabes et octosyllabes. Cette écriture brève suggère la légèreté, le jeu, la désinvolture.

Ces poèmes légers font entendre des dissonances qui marquent le lecteur.

Ainsi, le rythme des vers, souvent brisé de l’intérieur, donne une impression de fragilité voire de fêlure, comme par exemple au vers 4 de « clair de lune » :

Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

La langue est simple, moins recherchée que celle de Poèmes saturniens mais parfois archaïsante comme si Verlaine souhaitait retrouver une langue spontanée et perdue.

L’utilisation d’octosyllabes et de vers impairs fait déjà entendre la petite musique verlainienne.

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