Pot-Bouille, Zola : fiche de lecture

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Voici une fiche de lecture complète du roman Pot-Bouille d’Émile Zola au programme du bac de français dans le cadre du parcours « Dévoiler les rouages de la société » .

Pot-Bouille, roman publié en 1882, illustre le projet naturaliste de Zola. L’écrivain y étudie minutieusement le comportement des personnages, soumis à des déterminismes biologiques et sociaux. 

Alors que Zola s’intéresse souvent aux couches les plus basses de la société (prostituées, ouvriers…), dans Pot-Bouille, il s’attache à dépeindre une bourgeoisie obnubilée par l’argent et les apparences. Le terme Pot-Bouille, qui désigne la cuisine que l’on fait tous les jours à la maison, annonce l’univers matérialiste et sordide qui perce sous l’hypocrisie bourgeoise.

Qui est Emile Zola ?

Né en 1840, Emile Zola est un journaliste et écrivain français, chef de file du mouvement naturaliste. Son ambition est de donner un statut scientifique à la littérature : le roman est pour lui un laboratoire dans lequel l’écrivain expérimente le rôle des déterminismes sociaux et biologiques sur ses personnages. Il est notamment l’auteur du cycle des Rougon-Macquart, une fresque de vingt romans relatant l’histoire d’une famille sous le Second Empire.

Les dernières années de sa vie sont consacrées à la défense du capitaine Dreyfus, victime d’antisémitisme. Il meurt asphyxié en 1902, dans des circonstances suspectes, ne permettant pas de déterminer s’il a été victime d’un accident ou d’un meurtre.

Comment résumer Pot-Bouille ?

L’action de Pot-Bouille se déroule à Paris entre 1861 et 1863, dans un immeuble bourgeois de la rue Choiseul. Le bâtiment abrite plusieurs familles dont celle du vieux Vabre, propriétaire de l’immeuble, ses fils Auguste et Théophile, sa fille Clothilde et son gendre Duveyrier, les Josserand, Mme Juzeur, le couple Pichon, d’autres locataires ainsi que les domestiques qui vivent sous les toits.

Octave Mouret, jeune provincial ambitieux, arrive à Paris et loue une chambre dans cette maison. Employé comme commis au magasin Au-Bonheur-des-Dames, il ambitionne de réussir grâce aux femmes. Mais échouant à séduire Mme Hédouin, sa patronne, ainsi que Valérie Vabre et Mme Juzeur, deux bourgeoises de l’immeuble, il se tourne vers la jeune et réservée Marie Pichon, qu’il charme après avoir sympathisé avec son mari et sa famille.

Puis il s’intéresse à Berthe Josserand, dont le mariage avec Auguste Vabre est compliqué par des querelles d’argent. Néanmoins, leur liaison adultère est découverte par le mari de Berthe : Octave doit quitter l’immeuble. B

erthe, réfugiée chez ses parents, se réconcilie avec Auguste à la mort de M. Josserand, tandis qu’Octave finit par épouser Caroline Hédouin, la patronne d’Au-Bonheur-des-Dames.

Tout au long du roman, Octave découvre la face cachée des habitants de la rue Choiseul : adultère, cupidité, jalousie et vice règnent en maître. Les domestiques observent et commentent crûment le comportement de leurs maîtres, dévoilant leurs mensonges et hypocrisies.

De nombreuses intrigues parallèles renforcent la satire de la bourgeoisie : Duveyrier, abandonné par sa maîtresse Clarisse, tente de se suicider; les Vabre se disputent le testament du père, qu’on découvre ruiné par le jeu ; Les Josserand tentent de soutirer de l’argent à l’oncle Bachelard, Valérie Vabre trompe son mari… À travers ces portraits, Zola expose la noirceur cachée derrière la respectabilité bourgeoise des habitants.

Retrouve mon résumé de Pot-Bouille détaillé chapitre par chapitre ici.

Quels sont les thèmes importants dans Pot-Bouille ?

La bourgeoisie

Zola fait la satire de la bourgeoisie, classe sociale obsédée par l’argent, les apparences et l’envie de paraître.

La maison bourgeoise de la rue Choiseul symbolise la hiérarchie sociale : plus on monte les étages, plus on se situe en bas de l’échelle sociale. Ainsi, Auguste Vabre, fils du propriétaire, vit à l’entresol; Théophile Vabre et les Duveyrier, qui incarnent la haute bourgeoisie, au 1er étage, Madame Juzeur et les Campardon, au 3ème étage ; Octave Mouret, les Pichon et les Josserand, petits bourgeois ruinés, au 4ème étage, tandis que les bonnes vivent sous les toits.

Octave et les habitants du 4ème étage font partie de ceux qui doivent surveiller leurs dépenses ou s’endetter pour rejoindre le mode de vie des habitants du premier étage. L’immeuble devient ainsi une métaphore des tensions sociales qui existent au sein même de la bourgeoisie.

L’argent

L’argent est la seule valeur poursuivie par les bourgeois. Il infiltre toutes les dimensions de l’âme : même l’amitié, les liens de parenté ou l’amour sont déterminés par lui.

Le personnage de Narcisse Bachelard par exemple, qui ne vit pas dans l’immeuble, n’est qu’une source d’argent que la famille Josserand essaie d’exploiter au maximum : « Donnez-nous vingt francs, et nous vous aimerons, oh ! nous vous aimerons tout plein ! » dit Berthe à son oncle (chapitre III). Madame Josserand, pour faire croire à une aisance qu’elle n’a pas, est prête à nourrir sa famille de « basse viande, afin de pouvoir mettre des fleurs sur la table. » (chapitre II)

L’amour n’existe pas dans la société bourgeoise : même le mariage n’est qu’un commerce, d’où l’importance capitale de la dot de Berthe. Quant au mari, pourvoyeur d’argent, il est rapidement délaissé s’il ne satisfait pas les envies de luxe de sa femme. Mme Josserand accule ainsi son époux de reproches et Berthe se tourne sans scrupule vers Octave pour se faire acheter des éléments de toilette. Même lorsque Zola évoque la relation entre Mouret et Mme Hédouin, les champs lexicaux de l’amour et de l’argent se mêlent : « et, une sorte d’intimité commerciale s’établissait ainsi entre eux » (chapitre IX).

Le corps et la maladie

Dans ses romans, Zola donne la primauté au corps, à ses maladies, ses instincts et ses pulsions. Le petit monde bourgeois de Pot-Bouille n’y échappe pas.

Ainsi, chaque personnage est porteur d’une maladie. Valérie est dite « hystérique », Auguste est sujet à de perpétuelles migraines, Julie, une domestique a les visage « troué de petite vérole », Duveyrier souffre de plaques rouges au visage. On découvre, après son décès, que M. Vabre souffrait de comportements addictifs et avait « une passion effrénée du jeu ». Saturnin, le frère de Berthe, est en proie à des accès de folie. Les appétits sexuels tenaillent les personnages comme Bachelard, Trublot, Duveyrier. L’accouchement d’Adèle est associé à la colique. La maladie physique semble être le diagnostic d’un mal intérieur plus profond, d’une souillure originelle qui touche toute la bourgeoisie décadente.

L’égout et la souillure

L’immeuble de la rue Choiseul semble, à première vue, un lieu respectable, presque solennel. Pourtant, sous les toits, où résident les bonnes, la réalité est tout autre : c’est un espace de pauvreté et d’insalubrité.

Dans la cour, sombre et étroite, les bonnes déversent ordures et propos obscènes sur leurs maîtres. Le champ lexical de la souillure domine souvent dans le roman, comme au chapitre VI : « il ne montait plus, du boyau noir de l’étroite cour que la puanteur d’évier mal tenu, comme l’exhalaison même des ordures cachées des familles, remuées par la rancune de la domesticité. C’était l’égout de la maison qui en charriait les hontes. » L’égout devient le véritable centre de l’immeuble, le ventre de la bâtisse personnifiée, qui prend une dimension monstrueuse.

Quelles sont les caractéristiques de l’écriture d’Emile Zola dans Pot-Bouille ?

L’écriture de Zola s’inscrit tout d’abord dans le réalisme. Dès les premières pages, la « Rue Neuve-Saint-Augustin », puis la rue Choiseul et l’immeuble décrits situent le roman dans un espace concret et connu, celui de la topographie parisienne. Zola, chef de file du mouvement naturaliste, a toutefois pour objectif d’aller encore plus loin. Tel un médecin recherchant les causes de la maladie, il dissèque les comportements bourgeois, montre l’envers du décor, met à jour les maladies du corps social : migraines, addiction au jeu, mélancolie, hystérie, alcoolisme, pulsions sexuelles…

Il ne faudrait pas pour autant oublier la dimension satirique du roman. La satire des bourgeois donne lieu à des portraits outranciers et ridicules, comme celui de l’imposante Mme Josserand qui inculque à ses filles une vision de la vie matérialiste : « Mangez des pommes de terre, mais ayez un poulet, quand vous avez du monde à dîner… » (chapitre II). Chaque chapitre s’apparente à une scène de comédie, avec des personnages types. Comme dans une farce ou un vaudeville, les scènes d’adultères cocasses se répètent et les giflent fusent.

Que signifie le parcours « Dévoiler les rouages de la société » ?

Dans une lettre à son ami Céard le 24 août 1881, Zola écrit à propos de Pot-Bouille : « Mon roman […] m’amuse comme une mécanique aux mille rouages dont il s’agit de régler la marche avec un soin méticuleux. »

Zola présente en effet la société comme une machine rationnellement organisée, dont il détaille le fonctionnement avec minutie.

Comment dévoile-t-il les rouages de cette société ? Par l’intermédiaire d’Octave, introduit chez les différents locataires ; des bonnes dont le langage cru expose les vices de leurs maîtres ; et par son écriture naturaliste sans complaisance.

La société : une machine rationnellement organisée

Dans Pot-Bouille, la société est présentée comme une machine rationnellement organisée. Ainsi, l’appartement de la rue Choiseul symbolise l’organisation sociale sous le Second Empire : à chaque palier correspondent ses moyens financiers, ses mœurs et son langage. Plus on habite haut, moins on est fréquentable. M. Gourd, le concierge, est le gardien zélé de cet ordre social qui correspond selon lui à un ordre moral.

Comme une machine ou un engrenage, cette société est animée par un mouvement circulaire et répétitif. Ainsi, la structure du roman ne suit pas une véritable intrigue, avec une progression dramatique. Octave pénètre dans le foyer des différents habitants de l’immeuble et assiste partout à la même vie ordinaire : dîners, mariages, enterrements, naissances et adultères se répètent inéluctablement.

Derrière l’hypocrisie bourgeoise, les personnages adoptent les mêmes comportements viciés. Par exemple, au chapitre XVI, Berthe reprend presque mot pour mot les paroles de sa mère face à son mari : « Il vaut mieux faire envie que pitié. Quand j’ai eu vingt sous, j’ai toujours dit que j’en avais quarante ». Cette répétition souligne que le caractère, jusqu’au langage même, se transmet de génération en génération. Les actes ne sont pas libres mais déterminés : chaque personnage est condamné à répéter ce qu’a dit ou fait son ascendant.

Octave lève le voile sur les rouages de cette société

Les rouages de cette société sont dévoilés au lecteur par l’intermédiaire d’Octave, qui côtoie les habitants de la rue Choiseul.

En pénétrant dans leurs foyers, le jeune homme découvre les vices derrière le masque de la respectabilité bourgeoise : cupidité, avidité, jalousie, addictions, adultère…

Ainsi, Madame Josserand affecte une aisance qu’elle ne possède pas. Duveyrier, conseiller à la Cour d’appel, se réjouit d’avoir fait condamner une femme à 5 ans de prison pour infanticide alors que la bonne Adèle, l’une de ses maîtresses, accouche clandestinement d’un enfant dont il est certainement le père. Campardon refuse d’héberger Berthe après son adultère mais forme un ménage à trois avec sa maîtresse Gasparine, la cousine de sa femme, qu’il a introduite dans le foyer familial. Valérie Vabre, Marie Pichon et Berthe Josserand trompentleurs maris sans états d’âme.

Les bonnes participent au dévoilement de l’hypocrisie bourgeoise

Le dévoilement de l’hypocrisie bourgeoise s’opère également à travers la crudité des mots des domestiques, qui passent au scalpel révélateur la corruption de leurs maîtres. Les paroles d’Hippolyte et Lisa exposent par exemple la bassesse de l’adultère qu’Octave et Berthe tentent de se cacher à eux-mêmes : «C’était ça leurs amours, cette fornication sous une pluie battante de viande gâtée et de légumes aigres ! » (chapitre XIII). Le thème de l’égout, qui traverse tout le roman, rappelle l’envers du décor :  derrière les dorures apparentes, l’égout est le véritable centre gravitationnel de cette société bourgeoise dépravée. 

L’écriture naturaliste de Zola dévoile les rouages de la société

Enfin, les rouages de la société sont dévoilés grâce à l’écriture naturaliste de Zola. D’ailleurs, l’auteur fait une mise en abyme de son propre roman dans Pot-bouille, à travers un des personnages de l’immeuble, écrivain, à qui les habitants reprochent l’écriture d’un roman scandaleux à leur sujet : « Alors, M. Gourd raconta qu’on était venu de la police, oui, de la police ! L’homme du second avait écrit un roman si sale, qu’on allait le mettre à Mazas », une prison parisienne. Zola anticipe ainsi les critiques et rappelle que le but du romancier est de traverser les apparences de l’honnêteté bourgeoise pour en révéler les mensonges et les vices.

Qui suis-je ?

Amélie Vioux

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