Manon Lescaut, abbé Prévost, les retrouvailles : analyse

Tu passes le bac de français ? CLIQUE ICI et deviens membre de commentairecompose.fr ! Tu accèderas gratuitement à tout le contenu du site et à mes meilleures astuces en vidéo.

Voici une explication linéaire des retrouvailles à Saint-Sulpice de Manon Lescaut avec le Chevalier des Grieux.

L’extrait étudié linéairement va de « Il était six heures du soir. On vint m’avertir » à « de quelle manière elle s’était laissé séduire par B…« 

Manon Lescaut, retrouvailles à Saint-Sulpice, introduction

Dès sa parution en 1731, Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut fut jugé immoral et frappé par la censure.

Ce roman de l’abbé Prévost (1697-1763), septième tome des Mémoires et aventures d’un homme de qualité, relate l’histoire particulière du chevalier Des Grieux. (Voir la fiche de lecture de Manon lescaut)

Après avoir vécu une histoire d’amour passionnée avec Manon, le Chevalier découvre son infidélité.

Pendant deux ans, il retourne seul à ses études de théologie et soutient un exercice public en Sorbonne. Un soir, Manon vient à sa rencontre à Saint-Sulpice.

Cette scène de retrouvailles est cruciale dans le roman car il s’agit de la première réconciliation entre les deux amants. Elle annonce également la rupture sans retour du chevalier avec la vie morale et réglée attendue de lui.

Extrait étudié

Il était six heures du soir. On vint m’avertir, un moment après mon retour, qu’une dame demandait à me voir. J’allai au parloir sur-le-champ. Dieux ! quelle apparition surprenante ! j’y trouvai Manon. C’était elle, mais plus aimable et plus brillante que je ne l’avais jamais vue. Elle était dans sa dix-huitième année. Ses charmes surpassaient tout ce qu’on peut décrire : c’était un air si fin, si doux, si engageant ! l’air de l’amour même. Toute sa figure me parut un enchantement.
Je demeurai interdit à sa vue ; et, ne pouvant conjecturer quel était le dessein de cette visite, j’attendais, les yeux baissés et avec tremblement, qu’elle s’expliquât. Son embarras fut pendant quelque temps égal au mien ; mais, voyant que mon silence continuait, elle mit la main devant ses yeux pour cacher quelques larmes. Elle me dit d’un ton timide qu’elle confessait que son infidélité méritait ma haine ; mais que, s’il était vrai que j’eusse jamais eu quelque tendresse pour elle, il y avait aussi bien de la dureté à laisser passer deux ans sans prendre soin de m’informer de son sort, et qu’il y en avait beaucoup encore à la voir dans l’état où elle était en ma présence, sans lui dire une parole. Le désordre de mon âme en l’écoutant ne saurait être exprimé.
Elle s’assit. Je demeurai debout, le corps à demi tourné, n’osant l’envisager directement. Je commençai plusieurs fois une réponse que je n’eus pas la force d’achever. Enfin je fis un effort pour m’écrier douloureusement : « Perfide Manon ! Ah ! perfide ! perfide ! » Elle me répéta, en pleurant à chaudes larmes, qu’elle ne prétendait point justifier sa perfidie. « Que prétendez-vous donc ? m’écriai-je encore. — Je prétends mourir, répondit-elle, si vous ne me rendez votre cœur, sans lequel il est impossible que je vive. — Demande donc ma vie, infidèle, repris-je en versant moi-même des pleurs que je m’efforçai en vain de retenir ; demande ma vie, qui est l’unique chose qui me reste à te sacrifier ; car mon cœur n’a jamais cessé d’être à toi. »
À peine eus-je achevé ces derniers mots, qu’elle se leva avec transport pour venir m’embrasser. Elle m’accabla de mille caresses passionnées. Elle m’appela par tous les noms que l’amour invente pour exprimer ses plus vives tendresses. Je n’y répondais encore qu’avec langueur. Quel passage, en effet, de la situation tranquille où j’avais été, aux mouvements tumultueux que je sentais renaître ! J’en étais épouvanté. Je frémissais, comme il arrive lorsqu’on se trouve la nuit dans une campagne écartée : on se croit transporté dans un nouvel ordre de choses ; on y est saisi d’une horreur secrète dont on ne se remet qu’après avoir considéré longtemps tous les environs.
Nous nous assîmes l’un près de l’autre. Je pris ses mains dans les miennes. « Ah ! Manon, lui dis-je en la regardant d’un œil triste, je ne m’étais pas attendu à la noire trahison dont vous avez payé mon amour. Il vous était bien facile de tromper un cœur dont vous étiez la souveraine absolue, et qui mettait toute sa félicité à vous plaire et à vous obéir. Dites-moi maintenant si vous en avez trouvé d’aussi tendres et d’aussi soumis ? Non, non, la nature n’en fait guère de la même trempe que le mien. Dites-moi du moins si vous l’avez quelquefois regretté ? Quel fond dois-je faire sur ce retour de bonté qui vous ramène aujourd’hui pour le consoler ? Je ne vois que trop que vous êtes plus charmante que jamais ; mais, au nom de toutes les peines que j’ai souffertes pour vous, belle Manon, dites-moi si vous serez plus fidèle ? »
Elle me répondit des choses si touchantes sur son repentir, et elle s’engagea à la fidélité par tant de protestations et de serments, qu’elle m’attendrit à un degré inexprimable. « Chère Manon, lui dis-je avec un mélange profane d’expressions amoureuses et théologiques, tu es trop adorable pour une créature. Je me sens le cœur emporté par une délectation victorieuse. Tout ce qu’on dit de la liberté à Saint-Sulpice est une chimère. Je vais perdre ma fortune et ma réputation pour toi ; je le prévois bien, je lis ma destinée dans tes beaux yeux ; mais de quelles pertes ne serai-je pas consolé par ton amour ! Les faveurs de la fortune ne me touchent point ; la gloire me paraît une fumée ; tous mes projets de vie ecclésiastique étaient de folles imaginations ; enfin tous les biens différents de ceux que j’espère avec toi sont des biens méprisables, puisqu’ils ne sauraient tenir un moment, dans mon cœur, contre un seul de tes regards. »
En lui promettant néanmoins un oubli général de ses fautes, je voulus être informé de quelle manière elle s’était laissé séduire par B***.

Problématique

En quoi les retrouvailles de Manon et des Grieux à Saint-Sulpice soulignent-elles un combat entre sentiments et raison ?

Annonce de plan linéaire

Dans un premier temps, nous analyserons la complexité de ces retrouvailles déséquilibrées.

Dans un deuxième temps, nous montrerons combien l’expression de la souffrance et de l’amour est liée.

Enfin, dans un troisième temps, nous analyserons les engagements nouveaux et extrêmes que prennent les personnages.

I – Des retrouvailles complexes

A – Le portrait mélioratif de Manon

De «Il était six heures du soir» à «me parut un enchantement»

Après de brillantes études de théologie, le chevalier Des Grieux est devenu l’abbé Des Grieux et est rentré à Saint Sulpice, auréolé de gloire après son exercice.

Le cadre spatio-temporel se précise : «il était six heures du soir», «après mon retour», «au parloir». Cet effet de « zoom » sur un moment précis prépare le lecteur à un élément perturbateur majeur.

L’importance de l’événement est également soulignée par l’utilisation de la tournure impersonnelle «on vint m’avertir» et par l’identité mystérieuse de la personne, avec l’article indéfini « une » («une dame»).

Le dévoilement de l’identité de la femme – Manon – est retardé au maximum, après deux phrases exclamatives.

La réaction du Chevalier n’en paraît que plus intense car ces deux phrases exclamatives sont nominales, et restituent ainsi la surprise du Chevalier: «Dieux! quelle apparition surprenante!»

Le narrateur, ébloui, dresse alors un portrait mélioratif de la jeune Manon, par le recours à deux comparatifs: «plus aimable et plus brillante».

Son émotion est tangible dans la phrase hyperbolique «ses charmes surpassaient tout ce qu’on peut décrire». Les charmes de Manon sont en position de sujet grammatical du verbe « surpassaient » : la beauté de la jeune femme agit véritablement sur le chevalier.

L’emploi du rythme ternaire et de l’adverbe intensif « si » confirme l’effet presque hypnotique qu’exerce Manon sur des Grieux : «si fin, si doux, si engageant !»

Le lexique de la beauté est hyperbolique mais reste vague puisque les traits physiques de Manon ne sont pas décrits précisément : « un air si fin, si doux, si engageant », « ses charmes », « l’air de l’amour même ». La beauté de Manon est davantage suggérée que décrite. L’abbé Prévost fait imaginer au lecteur une beauté idéale.

Ces retrouvailles font renaître des émotions profondes et intenses au point qu’il s’agit pour le Chevalier d’un «enchantement».

Le vocabulaire du surnaturel était déjà présent au début de l’extrait, à travers le terme « apparition surprenante » qui divinise la jeune femme.

Aux yeux du narrateur, Manon est bien une femme extraordinaire.

B – Un face à face contrasté

De «Je demeurai interdit à sa vue» à «ne saurait être exprimé»

Les émotions de des Grieux semblent d’abord intériorisées : c’est ce que montrent l’attribut du sujet «interdit», et les compléments circonstanciels de manière «les yeux baissés et avec tremblement». Le tremblement suggère une émotion intense, difficile à contenir.

Ces retrouvailles sont sources d’«embarras» pour les deux personnages, qui se font face muettement comme l’indique la proposition subordonnée conjonctive «voyant que mon silence continuait».

Une rupture est pourtant introduite dans le récit par la conjonction de coordination « mais » : « mais…elle mit la main…« . Manon est la première à bouger et à exprimer ses larmes. Un premier déséquilibre s’amorce.

Son récit au discours indirect exprime d’abord des remords, comme le suggère le vocabulaire religieux (« elle confessait« ): «elle confessait que son infidélité méritait ma haine». Manon ne nie donc pas son infidélité passée.

Mais d’emblée, un décalage apparaît entre ce que Manon se reproche – qui se résume en une phrase – et ce qu’elle reproche au Chevalier qui est largement développé.

L’importance des griefs fait au Chevalier est mise en valeur par la longue phrase complexe et les propositions subordonnées conjonctives : « mais que… « .

Le grief majeur qui apparaît est le silence du Chevalier pendant deux ans et celui qu’il garde au moment où elle s’exprime. En réalité, Des Grieux est en proie à un bouleversement intérieur tel qu’il «ne saurait être exprimé».

II – L’expression progressive de la souffrance et de l’amour

A – Des aveux éperdus

De «Elle s’assit.» à «d’être à toi»

Le déséquilibre entre les personnages se poursuit au paragraphe suivant à travers leur posture : à la station assise de Manon, qui suggère l’aise, répond la position debout et contorsionnée du Chevalier (« le corps à demi tourné« ) qui matérialise son inconfort.

Le trouble du chevalier est perceptible : il fuit le regard de Manon («n’osant l’envisager directement») et il n’a pas «la force d’achever» sa réponse à peine commencée.

Sa prise de parole est un effort douloureux au point que ses premiers mots exclamatifs sont les mêmes : «Perfide Manon ! Ah ! perfide ! perfide !» Cette répétition surgit comme un cri du coeur presque animal et suggère la perte de moyen du chevalier, qui ne parvient plus à faire usage de la raison.

Le sens étymologique latin de ce terme (per / fides) indique la perte de confiance, la trahison.

Les larmes de Manon la conduisent à formuler un vœu absolu : «Je prétends mourir […] si vous ne me rendez votre cœur». Le rapport entre la proposition principale et la proposition subordonnée établit un lien fort: la vie de Manon dépend de l’amour inconditionnel du Chevalier. Souffrance et amour sont ici exprimés de façon intense.

Cette scène est particulièrement théâtrale : la position de Manon, assise et « pleurant à chaudes larmes« , l’échange de réplique où se mêle le lexique de la passion amoureuse et de la mort, donnent à voir une scène de tragédie. Cette théâtralité peut aussi faire douter le lecteur de la sincérité de Manon.

La réaction du chevalier des Grieux est à la hauteur de son amour : à deux reprises, avec l’impératif «demande ma vie», il se dit prêt à se sacrifier.

Le torrent de larmes (« en versant moi-même des pleurs« ) matérialise les sentiments intenses et contradictoires du Chevalier.

Ainsi, malgré la blessure de la trahison qu’il a subie, exprimée par l’apostrophe «infidèle! », malgré sa souffrance, il avoue son amour inconditionnel.

C’est ce que confirme la phrase «mon cœur n’a jamais cessé d’être à toi» où la métonymie « mon coeur«  représente le chevalier à travers ses sentiments amoureux.

B – Des réactions contrastées

De «À peine eus-je achevé» à «tous les environs»

Le contraste entre les deux personnages se poursuit.

Manon laisse éclater des manifestations physiques de son amour. Sa réaction est immédiate, comme le souligne la proposition subordonnée circonstancielle de temps « À peine eus-je achevé ces derniers mots« . Le passage soudain des pleurs à la joie peut aussi laisser planer un doute sur la sincérité des larmes de la jeune fille.

Sa fougue se lit dans la suite de verbes au passé simple (« se leva », « m’accabla », « m’appela ») et les compléments circonstanciels de manière qui témoignent d’effusions passionnées : «avec transport», «pour venir m’embrasser», «de mille caresses passionnées», «par tous les noms» et le groupe nominal «ses plus vives tendresses».

A l’inverse, le narrateur souligne la langueur du Chevalier comme l’exprime la phrase négative : « Je n’y répondais encore qu’avec langueur« .

Les raisons de cette langueur sont ensuite explicitées. La phrase exclamative montre en effet le contraste violent entre la «situation tranquille» passée et les «mouvements tumultueux» naissants. L’antithèse tranquille/tumultueux restitue ici la rapidité et la violence de ce changement de situation.

De façon surprenante, les sentiments du chevalier sont décrits avec un lexique associé à la peur ou l’horreur.

Ainsi, les termes «épouvanté», «frémissais» et « horreur secrète » font basculer le lecteur dans un univers fantastique.

La comparaison avec une nuit « dans une campagne écartée » crée une image glaçante qui indique la perte de repères du chevalier.

Ces retrouvailles sont associées à un basculement dans un monde dangereux et inconnu.

La comparaison avec une nuit dans une campagne écartée permet d’évoquer trois étapes, qui correspondent à ce que le Chevalier ressent: le bonheur d’être «transporté dans un nouvel ordre de choses», l’«horreur secrète» souvent dissimulée et le soulagement après un temps de réflexion.

C – L’autoportrait du Chevalier

De «Nous nous assîmes» à «à vous plaire et à vous obéir »

Le rapprochement physique s’effectue alors, comme le montre l’emploi de la première personne du pluriel « nous » et les expressions «l’un près de l’autre», «ses mains dans les miennes» qui suggèrent la réciprocité et l’union.

Le Chevalier n’en cache pas moins sa déception et sa tristesse face à «la noire trahison» de Manon.

Il lui reproche non seulement sa duperie mais aussi son ingratitude face à l’amour immense qu’il lui portait.

L’usage de la métaphore «la souveraine absolue» et les expressions «à vous plaire et à vous obéir» ne sont pas sans rappeler l’amour courtois au Moyen-Âge.

La trahison est donc d’autant plus douloureuse que le chevalier se comportait en serviteur zélé et amoureux.

III – Des engagements nouveaux et extrêmes

A – Un plaidoyer pour la fidélité

De «Dites-moi maintenant» à «si vous serez fidèle»

Le narrateur-personnage rappellesa conduite passée avec un comparatif pour mieux en souligner le caractère irréprochable et absolu : «d’aussi tendres et d’aussi soumis».

Ses paroles au discours direct révèlent l’ampleur de l’amour qu’il vouait à Manon : «Non, non, la Nature n’en fait guère de la même trempe que le mien». Il ne peut concevoir être au même niveau que les autres amants de Manon.

Mais la répétition de l’impératif «dites-moi» montre qu’il cherche à avoir des réponses transparentes.

La question rhétorique qui porte sur «ce retour de bonté» suggère sa volonté d’entendre des excuses, des regrets.

Le lexique hyperbolique lié à ces retrouvailles confirment que le Chevalier est envoûté par la «belle Manon» qu’il trouve «plus charmante que jamais».

Mais, comme il le dit, les charmes de Manon n’effacent pas «toutes les peines» qu’il a souffertes.

Sa dernière phrase qui est presque une prière – «Dites-moi si vous serez plus fidèle»- suggère qu’il est lucide.

En effet, l’adjectif « fidèle » ne peut pas avoir de degré (on est fidèle ou infidèle; le compromis n’existe pas). En demandant à Manon d’être « plus fidèle« , des Grieux sait déjà que son vœu est vain.

B – Le succès de la séduction

De «Elle me répondit des choses» à «consolé par ton amour»

Pourtant, la réponse rapportée de Manon satisfait le Chevalier dans le contenu : il est question de «son repentir» et de son engagement à la fidélité.

Dans la forme, elle parvient à le persuader comme l’indiquent les intensifs «des choses si touchantes», «tant de protestations et de serments». Les termes au pluriel et les gestes théâtraux suggèrent un discours fondé sur l’émotion, mais dont l’excès peut faire douter de sa sincérité.

Ce discours est cependant efficace : «elle m’attendrit à un degré inexprimable».

Les propos de Des Grieux sont traversés par le champ lexical de la religion et témoignent de la dévotion qu’il porte à Manon : «mélange profane», «expressions (…) théologiques», «créature», «délectation victorieuse» (l’expression désigne le plaisir lié à la grâce).

Il en vient à renier ses enseignements à Saint Sulpice en les qualifiant de «chimère».

Sa lucidité est patente, comme l’indique le futur proche à valeur de certitude: «je vais perdre ma fortune et ma réputation pour toi, je le prévois bien».

Le recours à la métaphoreje lis ma destinée dans tes beaux yeux») présente la passion amoureuse comme une fatalité, à laquelle le chevalier se soumet.

Ce mouvement s’achève sur une exclamation qui agit comme une prolepse (anticipation des objections) : l’amour de Manon est placé au-dessus de tout et excuse la déchéance future (« mais de quelles pertes ne serai-je pas consolé par ton amour ! » )

C – Un choix radical

De «Les faveurs de la fortune» à «elle s’était laissé séduire par B…»

Par une succession de propositions juxtaposées, le Chevalier renie «les faveurs de la fortune» et «la gloire» qu’il qualifie métaphoriquement de «fumée» et ses «projets de vie ecclésiastiques» qu’il qualifie de «folles imaginations».

La parataxe (juxtaposition de propositions sans mot de liaison) signe ici une déclaration d’amour sans borne, qui rompt avec tous les projets personnels.

Aux yeux du Chevalier, les biens sont même «méprisables» face à un regard de Manon.

Néanmoins, il est lucide quant à cette histoire amoureuse qui commence par un compromis avec Manon : contre l’«oubli général de ses fautes», il exige qu’elle lui révèle ce qui s’est passé en son absence.

Le verbe à la voix passive «de quelle manière elle s’était laissé séduire par B…» suggère que pour le Chevalier, Manon n’a pas eu de rôle actif dans son infidélité.

Les retrouvailles avec Manon Lescaut à Saint-Sulpice, conclusion

Ces retrouvailles entre Des Grieux et Manon sont loin d’être évidentes.

La trahison de Manon et la longue séparation des amants suscitent un combat entre raison et sentiments.

En effet, tous deux ne réagissent pas de la même façon : entre silence et intériorisation de la souffrance ou pleurs et reproches, ce long extrait est fondamental pour appréhender le caractère des personnages.

Le retour de Manon avec son entreprise de séduction fonctionne. Des engagements de fidélité sont pris.

Mais la position du Chevalier est radicale, à la mesure de son amour inconditionnel pour Manon : aucune considération matérielle ou théologique n’entravera son amour, quel que soit le prix à payer.

A ce stade du roman, la lucidité du narrateur-personnage sur son destin éclaire le lecteur.

Tu étudies Manon Lescaut ? Regarde aussi :

Print Friendly, PDF & Email

Qui suis-je ?

Amélie Vioux

Je suis professeur particulier spécialisée dans la préparation du bac de français (2nde et 1re).

Sur mon site, tu trouveras des analyses, cours et conseils simples, directs, et facilement applicables pour augmenter tes notes en 2-3 semaines.

Je crée des formations en ligne sur commentairecompose.fr depuis 9 ans.

Tu peux également retrouver mes conseils dans mon livre Réussis ton bac de français 2022 aux éditions Hachette.

Laisse un commentaire !